Highlander : un premier épisode qui perd déjà la tête

mercredi, 01 avril 2026 07:39
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Dans la vie, il y a des séries qui prennent le temps de construire leurs intrigues et de donner envie de revenir, et il y a "Highlander". Adaptée du film culte des années 80, cette série nous plonge dans un univers d'immortels, de combats à l'épée et de drames éternels... du moins sur le papier. Aujourd'hui, je te propose de revenir sur "The Gathering", son tout premier épisode, pour voir si la magie opère encore ou si, comme ses acteurs, la série a pris un sérieux coup de vieux.

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Highlander : une série culte... ou simple nostalgie ?

"Highlander" est une série télévisée franco-germano-italo-canado-américano... bon, on va s'arrêter là car un projet avec autant de parties prenantes ne peut être que casse-gueule. Qui a dit que je parlais de l'Eurovision ? Pour notre série du jour, on va le savoir lors de notre découverte du premier épisode.

Car oui, aujourd'hui, La Crypte aux Séries te réserve peut-être une bonne surprise. Pour une fois, nous allons plonger ensemble dans l'univers d'une série qui vaut le détour : une série innovante, une histoire bien écrite, qui respecte son spectateur et qui ne te donne pas envie de jeter ta télé par la fenêtre au bout de 12 minutes. Oui, une série qui te donne envie d'aimer la vie, euh... je m'emballe un peu là. Pour ce dernier point, je crois que c'était plutôt du côté des "Gilmore Girls" que ça se passait. Bref, va-t-on assister à du jamais vu à la télévision ? As-tu envie de me croire ?

Jean-Félicien : "Trop bien ! Ça a l'air génial ce que tu proposes. Moi, j'ai envie de te croire. Je suis à fond avec toi copain. Je ne sais pas de quelle série tu vas parler mais elle a l'air incroyable."

Ah Jean-Félicien... cette innocence ! Je sens que la magie opère sur toi (bon, le "copain" était peut-être de trop !). Cette capacité à croire encore en la télévision, c'est beau, presque émouvant... presque ! Entre nous, j'aurais adoré te proposer une pépite oubliée, un chef-d'œuvre incompris, mais comme dirait notre Cher Président : "C'est de la poudre de perlimpinpin".

Oui, je t'ai fourvoyé. J'espère que tu ne m'en voudras pas trop. Car, la série du jour, à savoir "Highlander", n'innove en rien. C'est tout simplement le recyclage télévisuel d'un film. Un bon vieux portage comme on les aime : opportuniste, rentable (ça reste à voir) et légèrement douteux.

Highlander : du film culte à la série opportuniste

À la base, "Highlander" est une long-métrage américano-britannique sorti en 1986. À la réalisation, il s'agit de Russell Mulcahy, un australien qui a réalisé plein de films dont le scénario semble aussi creux que les questions d'un éditorialiste de BFMTV. Mais ne soyons pas trop hâtif sur le dénigrement. Le mec est tout de même le type qui a réalisé le film "Razorback". Ça ne te dit rien ?

Écoute, ce film est exceptionnel. C'est l'histoire d'un sanglier, manifestement bien plus gros que la normale, qui a décidé de décimer tous les humains sur son passage. Voilà fin du pitch !

Jean-Clément : "Putain, un film avec un sanglier bouffeur de gens ! Attends, la bête elle ne connait pas mon oncle et tous les copains de la chasse. Avec nous, elle aurait fini au barbecue avec une bonne grosse branche dans l'trou d'balle ! Ah ah".

C'est toi le trou de balle ! Pardon... c'est sorti tout seul.

Merci Jean-Clément pour cette intervention fort passionnante sur les moeurs de ta tribus de consanguins sanguinaires. Toujours un plaisir d'ouvrir une fenêtre sur ton arbre généalogique en forme de cercle.

Blague à part, "Razorback" n'est pas exactement un chef-d'œuvre, mais il a ce petit parfum de traumatisme d'enfance qui reste. Et parfois, ça suffit à créer du souvenir.

Mais revenons à "Highlander". Est-il encore nécessaire de présenter le film original ?

Cette histoire d'immortels est devenue tellement culte à travers les années qu'il me semble impensable que tu ne connaisses pas son univers. Que ce soit à travers :

  • une mythologie simple mais efficace : des immortels qui se décapitent. Belle ambiance dans le coin !
  • La devise iconique : "Il ne peut en rester qu'un".
  • Une bande originale magistrale signée Queen (je t'invite d'ailleurs à aller écouter l'épisode "Du cinéma au top" des copains du Pitch était presque parfait dédié à "Highlander").
  • Et un casting de dingue avec Sean Connery, Clancy Brown et dans le rôle principal notre Christophe Lambert national.

Je ne vais pas m'attarder plus longtemps sur le film, tu trouveras toutes les informations sur celui-ci sur le Web et notamment sur la page dédiée sur Wikipédia.

1992 : la télé sent le filon

Aujourd'hui, ce qui nous intéresse est plus particulièrement le portage du film en série. Forcément, avec un tel succès, les studios flairent la bonne affaire. Ainsi, après le succès des deux premiers opus (surtout le 1er car dans mes souvenirs le deuxième était une bouse), et avant la sortie du troisième film, les petits malins décident d'adapter l'univers "Highlander" à la télévision.

C'est donc en 1992 que la série voit le jour. Elle se termine en 1998. Ce qui fait 6 saisons pour un total de 119 épisodes. Un très beau score qui s'explique tout simplement par la popularité solide de la série. Elle a reçu un très bon accueil du public et a même reçu de meilleurs avis que la franchise des films qui étaient clairement très inégaux.

Comme souvent dans le monde des séries, une baisse de qualité s'est faite ressentir au fil des saisons (petit clin d'oeil à l'abécédaire des séries qui ont duré trop longtemps), mais "Highlander" a su marquer de son empreinte toute une génération de jeunes ados. Et là, petit moment nostalgie :

  • Oui, toi aussi, tu en parlais dans la cour de récré.
  • Oui, toi aussi, tu trouvais ça stylé.
  • Oui, toi aussi, tu rêvais d'être Duncan MacLeod.
  • Oui, toi aussi, tu pensais qu'avoir une épée était une option de carrière viable.

Ne me mens pas et surtout ne te mens pas à toi-même !

La série ira même jusqu'à générer des spin-offs : une série d'animation et une série dans la même lignée, "L'immortelle", de bien moindre qualité. Preuve encore une fois que quand une idée fonctionne, on l'essore jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une seule goutte.

Bon et le pitch de la série "Highlander" dans tout ça ? Laissons son héros nous le dévoiler :

"Je suis Duncan MacLeod, né il y a près de 400 ans dans les Hautes Terres d'Écosse. Je suis immortel comme une poignée d'élus. Des siècles durant nous avons attendu l'heure de l'Ultime combat au terme duquel l'épée qui tranche une tête libère le Quickening, la puissance de l'Éclair. À la fin, un seul d'entre nous survivra."

Par rapport aux films, on suit Duncan MacLeod, un immortel issu de la même lignée que Connor MacLeod, notre Cricri Lambert. Duncan vit avec sa petite amie, Tessa, et il est antiquaire. Bon Duncan c'est "Louis La Brocante" version bad ass par contre !

Duncan vit une vie heureuse jusqu'au jour où... mais chut, ne dévoilons pas la suite, allons plutôt la découvrir ensemble. Parce que la vraie question est là :

Est-ce que "Highlander" tient encore la route aujourd'hui

Cette question te taraude j'en suis sûr. Peut-être que nous allons assister ici-même à un nouveau massacre de souvenirs, façon "Manimal" ? Alors, ensemble, allons découvrir si :

  • "Highlander" a conservé de sa superbe après presque 30 ans d'arrêt ?
  • Adrian Paul et sa superbe queue... de cheval est-il toujours aussi beau et charismatique ?
  • Les Quickening font-ils toujours vibrer ou juste sourire ?
  • La mise en scène a-t-elle vieilli ou carrément pris sa retraite ?
  • Et surtout : est-ce qu'on va souffrir devant cet épisode ?

Pour le savoir, enfile ton plus beau trench coat, aiguise ta plus belle lame, serre ton catogan avec dignité et c'est parti !

À la découverte du premier épisode de "Highlander"

L'épisode s'ouvre sur la voix grave et solennelle de Duncan MacLeod, qui prend immédiatement le temps de se présenter :

"Je suis Duncan MacLeod, né il y a près de 400 ans dans les Hautes Terres d'Écosse. Je..."

Bon, on ne va pas refaire tout le monologue, tu viens déjà d'y avoir droit dans l'introduction. En attendant, le mec est précurseur. Avec une telle accroche, il ferait fureur sur LinkedIn.

À peine le temps de digérer cette déclaration que le générique démarre, porté par la musique de Queen et son titre culte : "Princes Of The Universe". Et là, il faut être honnête : la musique fait tout le travail. Sans elle, on serait face à une succession de plans tristes et de regards intenses qui ressemblent davantage à un diaporama PowerPoint du début des années 90 qu'à une véritable introduction de série. Heureusement, le casting est là pour compenser :

  • Adrian Paul, aka Duncan MacLeod, impose déjà son charisme capillaire.
  • Alexandra Vandernoot, aka Tessa Noël, apporte une élégance naturelle.
  • Stan Kirsch, aka Richie Ryan, annonce, sans qu'on le sache encore, quelques ennuis à venir.

Une fois ce moment passé, l'épisode peut enfin commencer réellement. Le titre apparaît : "La rencontre" (“The gathering” en version originale).

On découvre alors un jeune homme qui s'introduit par effraction dans une boutique d'antiquités. Sur le papier, l'idée est simple : cambrioler un antiquaire. Dans les faits, c'est un peu comme décider d'entrer dans la cage d'un lion dans un zoo en pensant qu'il dort profondément. Le plan semble solide, mais il y a de fortes chances qu'il tourne court.

Pendant ce temps, à l'arrière-boutique, l'antiquaire en question est occupé à... disons... profiter de la vie. La scène est censée être sensuelle, mais un détail technique vient tout gâcher : l'image est floue, euh... complètement floue. À tel point qu'on en vient à se demander si le caméraman a décidé de faire grève ou si quelqu'un a oublié de régler la mise au point. Quel dommage !

Résultat, difficile de savoir si on assiste à un moment d'intimité ou à une intervention médicale liée à des problèmes respiratoires. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que la partenaire de Duncan semble particulièrement investie. Soit elle passe un excellent moment, soit elle est effectivement asthmatique et je lui conseille vivement d'aller voir un pneumologue au plus vite.

Pendant que Duncan s'adonne à ses activités, le cambrioleur, lui, réussi à pénétrer (et ce n'est pas le seul !) dans l'enceinte du bâtiment. Il récupère quelques objets, fouille un peu partout et finit évidemment par tomber sur une épée. Mauvaise idée, car dans l'univers de "Highlander", manipuler une épée sans savoir à qui elle appartient revient globalement à signer son arrêt de mort avec enthousiasme.

Notre antiquaire, qui a l'ouïe aussi fine que Flipper le dauphin, met fin à sa séance de hip thrust et, tel un épagneul qui a senti le cul d'un lapin, se lève et saisi son épée. La transition est impressionnante : en quelques secondes, le voilà debout, jean moulant enfilé à la hâte, torse nu, épée à la main, prêt à l'affrontement.

Adrian Paul dans Highlander"Je vais impressionner le cambrioleur avec mes gros muscles huileux"

Une entrée qui doit probablement beaucoup à un cahier des charges très précis, celui de séduire la ménagère de moins de 50 ans sans perdre les amateurs de combats. Eh oui, un torse velu et musclé, un catogan et c'est parti pour une culotte souillée...

Marie-Constance : "Il vous a fallu moins de 5 minutes pour tomber dans la vulgarité. Ça en devient affligeant et inquiétant. Le Seigneur ne peut plus rien pour votre âme."

Détends-toi Marie-Constance. Tout le monde souille des culottes ou des slips d'ailleurs. Ça fait partie de la vie, c'est la nature. Je suis certain que le Jésus en slip... oui bon avec son périzonium (eh ouais il y a de la culture ici !) ne t'a pas laissée insensible et que la cyprine coulait à flots...

Oups c'est ce qu'on appelle un petit dérapage !

Donc, revenons à la confrontation. Notre bel antiquaire débarque torse poil, l'épée brandit et déclame haut et fort :

"Je suis Duncan MacLeod, du clan MacLeod. Tu es mort !".

On va prendre un instant pour apprécier cette phrase. Personne ne parle comme ça dans la vraie vie. Même dans une situation de tension, même avec une épée, même après quatre siècles d'existence, il y a probablement des façons plus naturelles d'engager la conversation.

Bon en attendant, on a bien compris qu'il est là pour en découdre, mais attention, un premier retournement de situation vient rebattre les cartes. Le véritable danger n'est pas le voleur, mais un autre immortel, Slan, qui surgit avec son masque d'argent et ses intentions clairement hostiles. Et comme si cela ne suffisait pas, un troisième protagoniste fait son apparition : Connor MacLeod, incarné par notre cher Christophe Lambert en chair et en trench coat.

À partir de là, la scène devient un joyeux bazar. Trois immortels prêts à en découdre, un cambrioleur qui réalise qu'il est clairement au mauvais endroit au mauvais moment, Tessa qui pointe le bout de son nez, et une tension qui monte... pour finalement retomber aussitôt. Les sirènes de police retentissent, et tout le monde décide de quitter les lieux. Le voleur s'enfuit, Slan disparaît et Connor s'éclipse en nous octroyant son célèbre rire de Christophe Lambert.

Dans la scène suivante, Duncan se rend au poste de police. Il sauve la mise de Richie, le gamin qui l'a volé la veille au soir. Il décide alors de jouer la carte de la mansuétude. Pas de plainte, simplement une petite intimidation bien placée, histoire de faire comprendre au jeune homme qu'il a eu beaucoup de chance de tomber sur lui plutôt que sur quelqu'un d'un peu moins... sympa. Une scène qui permet surtout d'introduire Richie comme futur personnage récurrent, avec ce côté gamin paumé mais attachant que la série va clairement exploiter.

Richie et Duncan dans la série HighlanderRichie et Duncan dans la série Highlander

Le soir même, changement total d'ambiance. On retrouve Duncan et Tessa dans une atmosphère beaucoup plus intime. Inutile de chercher à comprendre ce qui s'est passé juste avant : leurs tenues respectives suffisent à indiquer qu'on arrive après un moment que la caméra, cette fois, a choisi de ne pas montrer du tout tellement ça devait être sale.

Tout ça, c'est mignon, presque trop finalement ! Le genre de scène qui veut te faire croire à un amour profond, sincère et indestructible. Tu sais pertinemment que c'est le genre de relation que le scénario va s'empresser de compliquer dans les minutes qui suivent pour donner un intérêt à l'histoire.

C'est d'ailleurs exactement ce qui se produit. La série prend le temps de poser une idée centrale : Duncan a près de 400 ans, et parmi toutes les femmes qu'il a connues, Tessa est, selon ses dires, celle qui a le plus compté. Une déclaration lourde de sens, appuyée par les premières notes de "Who Wants to Live Forever" de Queen, qui vient immédiatement renforcer la dimension tragique de la situation.

Parce que derrière le romantisme un peu appuyé, il y a une vraie question, presque vertigineuse : comment aimer quand on sait qu'on ne mourra pas ? Comment construire quelque chose de durable quand tout, autour de soi, est condamné à disparaître ? La scène effleure ce sujet avec une certaine justesse, en mettant, face à face, la finitude de Tessa et l'immortalité de Duncan, et en laissant entrevoir ce que cela implique en termes de solitude et de perte.

Le moment est brusquement écourté, comme si la série elle-même réalisait qu'elle venait de mettre le doigt sur un thème un peu trop profond pour un samedi après-midi. Duncan redevient soudainement beaucoup plus... terre-à-terre dans ses priorités. Il semble être un peu serré dans son pantalon et est bien décidé à remettre le couvert avec Tessa. On comprend donc que la réflexion existentielle va devoir attendre.

C'est d'autant plus frustrant que d'autres séries ont su exploiter cette thématique avec bien plus de constance, comme "Buffy contre les vampires", "Angel" ou encore "New Amsterdam". D'ailleurs, cette dernière abordait frontalement les conséquences émotionnelles de l'immortalité, que ce soit à travers l'amour, la perte d'un être cher ou même la parentalité.

Ici, "Highlander" se contente pour l'instant d'effleurer le sujet, comme une promesse laissée en suspens. Peut-être que la suite de la série prendra le temps d'y revenir. Mais en 6 saisons j'ose espérer qu'elle le fasse.

Le lendemain, retour à une ambiance nettement moins romantique. Slan refait surface, et cette fois, il ne se contente pas de menacer Duncan : il s'intéresse directement à Tessa. Posté en observateur discret, ou du moins aussi discret qu'un type de son genre peut l'être, il surveille la jeune femme avec une insistance qui laisse peu de place au doute quant à ses intentions.

Heureusement, Connor veille au grain. Toujours aussi mystérieux, toujours aussi prompt à apparaître au bon moment, il intervient pour faire fuir Slan sans que la situation ne dégénère davantage.

La séquence suivante nous propose une respiration bienvenue avec une scène d'entraînement entre Duncan et Connor. L'occasion de voir les deux immortels croiser le fer sans enjeu immédiat, si ce n'est celui de rappeler au spectateur que, oui, ils savent manier une épée et que, oui, ça va être important pour la suite. Une scène assez classique dans sa construction, mais efficace pour installer leur relation : un mélange de respect, de transmission et de non-dits.

On les retrouve ensuite avec Tessa, qui commence enfin à poser les bonnes questions. Qui sont ces immortels ? Pourquoi Slan en veut-il à Duncan ? Et surtout, quel est le principe de tout ce joyeux bordel ? Elle découvre avec stupeur qu'il ne pourra en rester qu'un. Un seul immortel survivra, telle est la devise.

Une phrase simple, presque banale, mais qui résume à elle seule toute la mécanique de l'univers "Highlander". Une règle du jeu brutale, sans compromis, qui transforme chaque rencontre en potentiel affrontement à mort. Et forcément, quand Tessa comprend que Duncan fait partie du jeu, l'ambiance change légèrement.

C'est à ce moment-là que la série dégaine son premier flashback, d'une longue série. On y découvre comment Connor a sauvé Duncan par le passé, dans une séquence qui pose les bases de leur lien. Ce procédé deviendra rapidement une signature de la série : utiliser le passé pour éclairer le présent.

Mais l'accalmie est de courte durée. De retour chez lui, Duncan ressent immédiatement une présence. Pas besoin de détecteur de mouvement ou d'alarme dernier cri : l'instinct d'immortel fait le travail. Et comme souvent dans ce genre de situation, ça sent très mauvais. Slan est là et il n'est pas venu pour discuter. Il a pénétré dans la maison, pris Tessa en otage, et attend tranquillement Duncan. La confrontation s'engage rapidement, et avec elle, une révélation qui vient donner un peu plus de consistance au méchant de service. Slan n'est pas juste un immortel lambda venu chercher une tête de plus à son tableau de chasse. Non, le type a déjà croisé la route de Duncan : il est responsable de la mort de l'un de ses anciens amours, à l'époque où Duncan vivait encore parmi une tribu amérindienne.

Alors qu'il a clairement l'avantage, Slan décide de partir. Parce que pourquoi en finir quand on peut prolonger inutilement la tension ? Le type aime attendrir sa proie, la laisser mariner dans sa peur. L'exemple parfait du bon gros sadique.

Plus tard, la tension accumulée débouche logiquement sur une dispute entre Duncan et Tessa. Et là, changement de registre. On quitte momentanément le terrain du fantastique pour plonger dans quelque chose de beaucoup plus proche du soap opera. Tessa veut partir. Duncan accuse le coup mais pour protéger Tessa, il comprend qu'il s'agit de la meilleure option. Sauf que, comme souvent dans ce type de scène, les deux personnages ne parlent pas exactement de la même chose.

En fait, Tessa envisage simplement de changer de vie, de quitter cet environnement devenu dangereux. Duncan, lui, comprend qu'il doit la quitter entièrement, c'est trop dangereux pour elle et rester ensemble est inconcevable. Tessa pleure, car elle veut rester avec lui. Elle ne peut pas mettre à la poubelle une belle histoire d'amour de 12 ans. Duncan est triste. Tessa pleure. Duncan a le regard dans le vide. Tessa pleure et le prend dans ses bras.

La scène insiste sur cette relation compliquée et sur l'impossibilité de concilier amour et immortalité. Une idée forte, encore une fois, mais qui est traitée avec une certaine lourdeur dans l'exécution.

Tessa continue de pleurer, Duncan regarde dans le vide et... nouveau flashback. Cette fois, Duncan se remémore son passé au sein de sa tribu amérindienne. Une séquence qui, sur le papier, est censée enrichir le personnage, mais qui, dans les faits, souffre d'un léger problème de crédibilité. Disons que l'accoutrement et la mise en scène donnent davantage l'impression d'assister à une reconstitution approximative qu'à un véritable plongeon historique. Parce que Duncan habillé en Charles Ingalls, il est autant indien que je suis Johnny Castle dans "Dirty Dancing".

Quoi, elle ne te plait pas ma référence ? Patrick Swayze bordel !

Bref, une fois cette parenthèse refermée, retour au présent, avec Duncan et Connor en plein entrainement. Cette fois, ils ne sont plus seuls. Richie, notre jeune délinquant du début, observe la scène à distance, visiblement fasciné par ce qu'il voit. Ce qui pose une question simple : à quel moment ce gamin a-t-il décidé que suivre des types armés d'épées était une bonne idée ? La curiosité, d'accord. L'instinct de survie, en revanche, semble avoir quitté le bonhomme depuis un moment.

De retour à l'appartement, la tension remonte d'un cran lorsque Tessa annonce que Slan a appelé pour laisser un message : le rendez-vous est donné pour un affrontement final. Et comme tout bon antagoniste très très méchant qui se respecte, il en profite pour ajouter une menace ciblant Tessa, histoire de s'assurer que Duncan ne décline pas l'invitation. Et à mon avis, il ne va pas lui couper la tête à la belle, sauf s'il nous refait la scène de "Haute tension" dans la camionnette. Si t'as la réf, on se comprend. Si tu ne l'a pas, euh... je vais m'abstenir de te la décrire en détail et te donner simplement deux mots clés : fellation et nécrophilie. Bon appétit !

On entre alors dans une logique presque primitive avec combat de coq entre Duncan et Connor : qui ira affronter Slan ?

Les deux hommes se font face, chacun estimant être le mieux placé pour en finir. Un affrontement coupé court par Connor qui décide de prendre les devants en assommant Duncan. Il part donc seul au rendez-vous. Mais évidemment, les choses ne vont pas se passer comme prévu. Duncan reprend rapidement ses esprits, échange une dernière scène chargée d'émotion avec Tessa : déclaration d'amour, regard intense, un "je t'aime" laissant peut-être présager le pire pour la suite, et il part.

La scène suivante nous emmène directement au point de rendez-vous. Connor est sur place, face à Slan, et le combat ne tarde pas à commencer. Une confrontation attendue, presque inévitable, qui se déroule sous les yeux ébahis de Richie. Oui, encore lui. Le gamin semble avoir définitivement abandonné toute forme d'instinct de survie.

Le combat entre Connor et Slan est plutôt dynamique, chacun cherchant à prendre l'ascendant sur l'autre dans une chorégraphie qui fait à peu près le job. Connor semble d'ailleurs avoir l'avantage, mais ce serait oublier une règle essentielle de ce genre de fiction : la fourberie du méchant. Et effectivement, Slan retourne la situation et envoie Connor valser du pont sur lequel ils se battent.

Slan et Connor en plein combat - Highlander
Défilé trench coat automne-hiver 1992

C'est précisément à ce moment-là que Duncan choisit d'entrer en scène. Le timing est parfait, presque trop...

Le combat reprend alors, cette fois entre Duncan et Slan. Les épées s'entrechoquent et les étincelles jaillissent. L'essentiel est là : la tension, le rythme, et surtout l'idée que cet affrontement doit marquer un tournant.

Duncan prend le dessus et finit par porter le coup fatal. La décapitation intervient, accompagnée de la réplique emblématique :

"Un seul d'entre nous survivra".

S'ensuit alors le fameux Quickening. La scène se charge d'électricité, littéralement. Le ciel gronde, les éclairs frappent, et Duncan se retrouve au centre d'un déchaînement d'énergie qui le traverse de part en part. Il hurle, absorbe cette puissance dans une séquence qui se veut à la fois impressionnante et quelque peu mystique.

Une fois terminé, Duncan saute du pont pour aller repêcher Connor, qui, sans grande surprise, est toujours en vie. Parce qu'on ne fait pas disparaître un personnage comme Connor MacLeod aussi facilement, surtout quand il est incarné par Christophe Lambert.

Et à partir d'ici, les choses commencent à se compliquer.

La fin de l'épisode enchaîne les événements à une vitesse assez déconcertante. Connor explique à Duncan qu'il devra désormais s'occuper de Richie, une information qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et qui n'aura, de toute façon, pas vraiment le temps d'être développée, car Duncan se barre.

En effet, dans la foulée, Duncan décide de quitter Tessa pour la protéger. Une décision cohérente sur le papier, en parfaite continuité avec tout ce que l'épisode a tenté de construire autour du danger que représente son immortalité pour ceux qu'il aime. Sauf que cette décision est immédiatement contredite par la suite.

Ce gros con de Connor, sans grande résistance, révèle à Tessa où se trouve Duncan. Celle-ci part aussitôt le rejoindre, accompagnée du même Connor, qui semble finalement assez peu concerné par la promesse implicite de garder le secret. Une facilité scénaristique qui fait légèrement tiquer, tant elle vient court-circuiter le sacrifice que Duncan pensait accomplir.

On retrouve alors notre immortel retiré à la campagne, dans un décor censé évoquer ses racines amérindiennes. Connor dépose Tessa en barque, puis repart. Comme ça, sans rien d'autre !

La scène finale voit Duncan et Tessa se retrouver, s'embrasser et rentrer ensemble dans un chalet. Et fin.

Duncan et Tessa dans HighlanderCharles et Caroline MacLeod devant leur chalet en bois

Une conclusion étonnamment expéditive, surtout au regard du temps que l'épisode a pris pour installer ses enjeux. Tout s'accélère brutalement, comme si la série s'était soudainement rendu compte qu'il ne restait plus que quelques minutes pour conclure. Le combat final lui-même aurait mérité plus d'ampleur, plus de tension, mais c'est surtout la résolution des arcs narratifs qui laisse une impression de précipitation.

Et que dire des contradictions ? Elles s'accumulent à chaque seconde lors de ce final. Duncan quitte Tessa pour la protéger, mais accepte sans réelle réaction qu'elle le retrouve. Connor, présenté comme un mentor et un allié de confiance, dévoile sa cachette sans grande difficulté. Et l'ensemble donne le sentiment que les scénaristes ont choisi la solution la plus rapide plutôt que la plus cohérente.

À tel point qu'on pourrait presque s'arrêter là, pas besoin d'autres épisodes. Duncan et Tessa vivent désormais paisiblement dans leur chalet, loin du monde et des autres immortels. Ils fondent une famille, élèvent 3 beaux garçons appelés Aragorn, Conan et Zorro (autant qu'ils démarrent la vie avec les bons arguments pour manier l'épée). Duncan passe le reste de son existence à enterrer, les uns après les autres, ceux qu'il aime, avant de retourner ouvrir une boutique d'antiquités en attendant le prochain duel.

Une fin en forme de boucle, à la fois absurde et étrangement cohérente avec la logique de la série. Parce qu'au fond, dans "Highlander", tout ramène toujours à la même idée : le temps passe, les visages changent, mais le combat, lui, ne s'arrête jamais.

Alors, ça valait le coup de revoir le premier épisode de "Highlander" ?

Après l'épreuve qu'a été le visionnage du pilote de "Salut les Musclés", j'avais besoin de me réconcilier un minimum avec l'humanité. Revoir "Highlander" me semblait être une option raisonnable. Et ce choix s'est révélé plutôt judicieux.

Alors oui, la série a un peu vieilli. Son rythme est parfois étrange, sa narration un peu datée, et elle a cette fâcheuse tendance à prendre des raccourcis là où elle devrait justement ralentir pour installer ses enjeux. Notamment tout ce qui touche à l'immortalité, à ses conséquences, à ce poids émotionnel qui aurait mérité d'être davantage creusé dès ce premier épisode tant l'histoire d'amour entre Tessa et Duncan est importante.

Mais le vrai problème, c'est surtout cette fin. Un final expédié, presque bâclé, qui donne l'impression que la série a déjà raconté tout ce qu'elle avait à dire. Et c'est là que le bât blesse. Parce qu'un pilote est censé donner envie de revenir. Or ici, j'ai plutôt eu la sensation inverse. Donc à la question fatidique : "Vais-je poursuivre mon visionnage ?".

Encore une fois la réponse est non.

Pas pour les mêmes raisons, la série est loin des sous-merdes vues dernièrement comme "Salut Les Musclés" ou "Pour être libre", mais simplement parce que ce premier épisode se suffit presque à lui-même. L'intrigue semble bouclée, les enjeux posés et déjà résolus. Et forcément, ça interroge. Pourquoi relancer une intrigue qui s'achève comme il faut ? Quel intérêt ? Ils auraient mieux fait d'en faire directement un film.

Les aspects positifs de cet épisode

Sans être parfait, le premier épisode de "Highlander" a tout de même quelques arguments solides :

  • Duncan MacLeod est un personnage très charismatique, bien plus que Connor, aka Christophe Lambert. Adrian Paul impose une vraie présence à l'écran. Il incarne parfaitement le héros sombre, élégant et un peu torturé par son vécu.

Highlander Adrian PaulQuel homme ! Quelle beauté !

  • La relation entre Duncan et Tessa fonctionne bien. Le duo formé avec Alexandra Vandernoot est crédible, et l'alchimie entre les deux personnages apporte une vraie dimension émotionnelle.
  • Les combats à l'épée sont globalement réussis. Sans être spectaculaires au sens moderne du terme, ils restent lisibles et bien exécutés. On sent qu'Adrian Paul maitrise parfaitement le maniement de l'épée.
  • La musique, évidemment. Impossible de passer à côté de Queen.
  • La présence de Christophe Lambert. Qu'on aime ou pas l'acteur, il est de bon ton de voir que la série suit l'univers du film et fait revenir son personnage principal.

Les aspects négatifs de cet épisode

Parce qu'évidemment, tout n'est pas parfait :

  • Le récit. Je l'ai déjà expliqué au fil de l'épisode et un peu plus haut, mais je trouve que ça manque de cohérence par moment et surtout que la série veut vite en finir. Le final est bâclé et ne donne pas envie de revenir à cette histoire.
  • Le personnage de Richie est sous-exploité. On sait qu'il aura de l'importance dans la suite de la série, mais ici il ne sert à rien. Les scénaristes le placent ici et là parce qu'il faudra la ramener à un moment ou un autre dans l'histoire, mais ici il n'apporte rien. 
  • Slan est un antagoniste assez caricatural et ridicule. Il est écrit à la truelle pour en faire un méchant vraiment très méchant. On a donc droit à tous les artifices du parfait vilain : le masque qui fait peur (ou pas), la voix (version française) rocailleuse du parfait bad guy, ses agissements ridicules comme conduire hyper vite avec une voiture qui fait beaucoup de bruit, son faciès qui surjoue la colère... bref l'archétype du méchant qui veut trop en faire.

highlander slan
Hannibal Lecter version Wish

Pour conclure, revoir ce premier épisode de "Highlander" n'a pas été une mauvaise expérience. Il y a même un certain plaisir à replonger dans cet univers, entre nostalgie et redécouverte. Mais il laisse aussi un goût d'inachevé.

Avec un peu plus de temps, quitte à proposer un pilote en deux parties (et pourtant je n'en suis pas fan), la série aurait ainsi pu creuser les enjeux maritaux entre Duncan et Tessa, positionner Richie comme un véritable sidekick pour la suite, proposer un méchant moins cliché et qui en fait moins des caisses, tout en proposant une fin moins rapide et qui pose les bases d'une suite vers laquelle on a envie d'aller.

Parce que là, si c'est pour regarder Duncan Ingalls couper du bois avec son épée pour nourrir toute sa petite famille, je préfère m'introduire des copeaux de bois dans l'urètre pour les 12 prochaines semaines.

Sur cette image qui je l'espère te plait, je m'arrête là pour "Highlander". Je te donne rendez-vous le mois prochain pour le premier épisode d'une nouvelle série. D'ici là, profite de la vie, méfie-toi des types torse nu en jean avec un catogan tout en gardant toujours un œil sur ta nuque, et bisous !

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