C'est Halloween, parlons d'horreur avec la série du jour
Le mois d'octobre est là ! Les feuilles parsèment les sols de nos campagnes, le soleil décline chaque jour un peu plus pour laisser sa place à une lune toujours aussi resplendissante, le froid pointe le bout de son nez (bien qu'il fasse encore beaucoup trop chaud... putain de dérèglement climatique), la soupe à la citrouille redevient le plat réconfortant du soir...
Bon, je crois que t'as pigé le truc. On va s'arrêter là avec les clins d'œil grossiers à cette saison qui suit l'été.
Mais puisque j'ai parlé de citrouille, j'en profite pour rebondir dessus. Ce qui ne doit pas être bien aisé ou alors c'est une histoire à finir avec de la citrouille dans les chaussettes. Bref, quand on parle de citrouille, évidemment on pense à Halloween.
Et en cette période, il est donc grand temps de revoir "L'étrange Noël de Monsieur Jack". D'ailleurs, film de Noël ou film d'Halloween ? Viens me donner ton avis en commentaire. Pour moi, les deux. Comme ça, pas de jaloux, et ça donne surtout une bonne excuse pour revoir ce film culte deux fois par an.
Jean-Thierry : "Est-ce que tu sais au moins que ce film n'est pas un film de Tim Burton ? C'est Henry Selick qui l'a réalisé, pas Tim Burton. Le nombre de crétins qui se disent "fans de Burton" et qui ne savent même pas ça… Pfff, tous des cons !"
Ok, monsieur-je-sais-tout.
Déjà, je pense que maintenant, tout le monde a l'info tellement elle a été rabâchée. Et ensuite, qu'est-ce qu'on s'en fout ? Tout le monde a le droit de se tromper. Et derrière Henry Selick, il y a bien tout l'univers visuel imaginé par Tim Burton, ses personnages et ses dessins. Bref, on ne va pas passer deux heures sur ce film alors que ce n'est pas le sujet du jour.
Et puis je pense que tout le monde en a déjà sa claque de mes circonvolutions pour faire durer le suspense.
J'aime faire durer le plaisir, ne m'en veux pas !
Donc aujourd'hui, pour fêter Halloween, j'ai choisi de revoir en ta compagnie le premier épisode d'une série dont le genre principal est l'horreur. Pas très original, pour sûr !
Mais quand on parle de séries qui touchent de près ou de loin à ce genre-là, celle dont on va parler revient régulièrement sur le tapis. En tout cas pour une frange (frange, tapis... pas mal, non ?) plus âgée. Car pour un public plus jeune, elle est probablement inconnue au bataillon, ou alors vaguement aperçue au détour d'une conversation entre deux personnes qui commencent leurs phrases par : "De mon temps...".
Ok, c'est bon, j'arrête de tourner autour du pot.
D'ailleurs, de quel pot parle-t-on ? Un pot dans la cuisine pour cuisiner ? Un pot de fleurs ? Un pot de chambre ?
Parce qu'autant pour les deux premiers, ça ne me pose aucun souci de tourner autour, autant pour le dernier, je préfère éviter.
Eh oui, imagine : à force de tourner, tu as le tournis, tu perds l'équilibre et tu tombes. Tomber dans une soupe de légumes, ça peut être chaud, mais ça va. Tomber sur une plante d'intérieur, tu te salis, tu as de la terre partout, mais ça passe encore. Par contre, tomber dans la pisse de papi Raymond, qui a uriné trois litres après s'être levé six fois dans la nuit pour soulager sa prostate qui le démangeait, c'est non !
Ouais, je crois que je m'écarte un peu trop du sujet et je sens que tu commences à t'agacer légèrement.
Donc, la série du jour, tu l'as deviné, c'est : "Premiers baisers" !
Non, je déconne. Ça me fait beaucoup trop peur. Je ne suis pas encore prêt. Laisse-moi quelques mois.
La série du jour est, roulement de tambour : "Les Contes de la Crypte".
Et il s'agit de la première anthologie à apparaître dans ce cycle des pilotes que je te propose de voir ou revoir avec moi. Mais avant de détailler scène par scène ce premier épisode, faisons un arrêt sur images et découvrons un peu plus la série.
"Les Contes de la Crypte" : l'horreur avec une pointe de second degré
"Les Contes de la Crypte", "Tales from the Crypt" en version originale, est une série américaine d'horreur diffusée sur HBO de 1989 à 1996. Elle se compose de 7 saisons et 93 épisodes.
La série est une anthologie. En d'autres termes, une série dont chaque épisode constitue une histoire complète. Il n'y a pas de personnages récurrents et la trame des histoires suit un thème bien spécifique. Seul le narrateur ou la voix du narrateur peuvent être des éléments itératifs de la construction d'une anthologie, comme dans les séries "Au-delà du réel", "Alfred Hitchcock présente" ou encore "La quatrième dimension".
"Les Contes de la Crypte" entrent dans cette case avec ce narrateur dont tout le monde se souvient de son apparence : un corps en putréfaction presque à l'état de squelette dénommé Le Gardien. Avec son humour macabre, ses jeux de mots et son rire reconnaissable entre mille, il est devenu l'une des grandes figures de la série.

Et derrière cette série télévisée se cache en réalité un média bien plus ancien. "Les Contes de la Crypte" adapte l'univers des comics horrifiques d'EC Comics publiés dans les années 1950.
"Les Contes de la Crypte" : une série "interdite" quand on est gamin
En France, la série a été diffusée sur de nombreuses chaînes. Les premiers épisodes arrivent sur Canal+ en 1991, avant que la série ne circule sur différentes chaînes. M6 devient ensuite l'un des diffuseurs dont on se souvient pour cette série, notamment avec "Les jeudis de l'angoisse". Et c'est justement sur M6 que, pour ma part, j'ai découvert "Les Contes de la Crypte" au milieu des années 90.
La série était alors diffusée en deuxième partie de soirée. Autrement dit : précisément au moment où un enfant n'est pas censé être devant la télévision. Évidemment, c'est aussi précisément à ce moment-là que ça devient intéressant, comme les films érotiques du dimanche soir. Quelle belle époque !
C'était mon petit interdit. Enfin, c'est comme ça que je l'imaginais. J'avais alors une télévision dans ma chambre (j'avais de la chance, j'avoue), mais il m'était interdit de regarder les programmes de deuxième partie de soirée. Alors, le plus discrètement possible, j'allumais mon téléviseur, je mettais le son au plus bas et je me cachais sous ma couette, les yeux et le nez hors de celle-ci et je regardais "Les Contes de la Crypte".
Voilà comment j'ai découvert cette série qui m'a fait frémir, mais qui m'a aussi beaucoup amusé. Car l'une des particularités de "Les Contes de la Crypte", c'est justement ce mélange entre horreur et humour noir. Les histoires pouvaient être morbides, cruelles ou franchement glauques, mais elles étaient régulièrement accompagnées d'une bonne dose de second degré et d'une petite morale bien mordante délivrée par notre cher Gardien.
C'est probablement aussi ce mélange qui explique pourquoi la série a laissé un souvenir aussi particulier chez ceux qui l'ont découverte à cette époque.
Certains épisodes sont devenus cultes, d'autres beaucoup moins. Pour ma part, c'est l'épisode centré sur deux frères siamois qui s'intitulait "Frères de sang" qui m'a marqué. Et toi te souviens-tu d'un épisode en particulier ?
Une série remplie de visages connus
Dernier point notable sur "Les Contes de la Crypte" : son casting.
La série regorge de têtes connues qui, pour certaines, lançaient alors leur carrière. On y croise notamment Bill Paxton, Michael Ironside, Brooke Shields, Joe Pesci, Teri Hatcher, Brad Pitt ou encore Tom Hanks. La liste est encore longue, donc je te laisse découvrir ça par toi-même sur la page Wikipedia de la série.
Parce que nous, nous avons autre chose à faire que d'établir la liste complète des célébrités passées dans la Crypte. Nous devons maintenant revoir le premier épisode de "Les Contes de la Crypte", intitulé "Le Bourreau en mal d'exécuter", "The Man Who Was Death" en VO.
Un épisode réalisé par Walter Hill et porté par William Sadler dans le rôle de Niles Talbot, un homme qui va découvrir que perdre son travail peut parfois pousser à envisager des reconversions professionnelles... disons, assez particulières.
Alors, éteins la lumière, ferme à clé toutes les portes, emmitoufle-toi dans ta couette ! C'est parti !
À la découverte du premier épisode de "Les Contes de la Crypte"
L'épisode débute avec l'introduction du principal protagoniste de la série. Enfin... du seul qui sera réellement récurrent. Notre cher Gardien de la Crypte fait donc son apparition et, plus de trente ans après, il faut bien reconnaître une chose : le bougre fait toujours son petit effet. En d'autres termes, il est toujours aussi dégueulasse.
Et c'est justement ce qui fonctionne. Il y a quelque chose d'assez réjouissant à revoir ça aujourd'hui. Parce que les effets spéciaux ont beau avoir énormément progressé depuis la fin des années 80, un bon vieil animatronique peut encore avoir une sacrée gueule.
Et entre nous, on a eu de la chance. Je suis prêt à parier que dix ou quinze ans plus tard, on se serait retrouvé avec un personnage en image de synthèse, beaucoup plus lisse et probablement beaucoup moins convaincant. Un truc à vomir en somme… coucou The Rock dans "Le Retour de la Momie".
Il y avait quand même du bon dans les années 80-90. Vraiment, les meilleures décennies. Dis le vieux con !
Rappelons aussi que "Les Contes de la Crypte" est une anthologie. Toutes les anthologies n'ont pas de personnages récurrents pour introduire les épisodes, mais ici, le choix du Gardien comme personnage récurrent est malin. Chaque épisode va nous raconter une nouvelle histoire, avec de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Il faut donc un point de repère capable de faire le lien entre toutes ces histoires. Et qui de mieux qu'un cadavre ambulant qui semble avoir passé les dernières années à attendre dans une cave qu'on lui donne enfin quelque chose à faire ?
Le Gardien nous accueille donc dans son univers, présente l'histoire qui va suivre et nous invite sans plus attendre à ouvrir son fameux livre de contes. L'ambiance est posée. Bienvenue dans la crypte, à la découverte d'une histoire qui s'annonce inquiétante...
La première scène nous plonge dans la quotidien d'une prison. Une voix-off nous raconte comment un prisonnier, nommé Charlie, en est arrivé là où il en est aujourd'hui, c'est-à-dire dans le couloir de la mort.
C'est alors que la voix prend soudain corps sous les traits d'un geôlier. Enfin, "geôlier"... Disons plutôt un homme qui semble particulièrement épanoui dans son environnement professionnel. Le personnage s'adresse directement à nous et brise immédiatement le quatrième mur. En quelques secondes, il nous explique la situation de Charlie, mais surtout nous fait comprendre qu'il est le bourreau de la prison.
Et là, on commence à cerner le bonhomme. En moins de deux minutes, on sait déjà à qui on a affaire. Et je ne vais pas te mentir, il m'a l'air bien détraqué. Pas franchement le genre de type à qui tu confierais ton Yorkshire Kiki pendant les vacances. Parce que Kiki, il va finir en moufles, si tu veux mon avis.
Et si tu penses que j'affabule, détrompe-toi. Le mec poursuit son monologue sur la peine de mort en nous décrivant en quoi la mort par électrocution, avec une chaise électrique, est le top du top. Pour lui, visiblement, c'est un peu le haut de gamme de la mise à mort. Tu sens immédiatement que le gars connaît son sujet. Et surtout qu'il aime ça. Donner la mort n'est pas simplement une tâche qu'il accomplit parce qu'il faut bien payer le loyer à la fin du mois. Non. Pour notre homme, c'est presque une vocation, un véritable sacerdoce.
Et c'est là que l'épisode pose déjà quelque chose d'assez intéressant dans sa narration. Plutôt que de nous présenter un bourreau froid, torturé ou éventuellement traumatisé par son travail, l'histoire choisit de faire exactement l'inverse. Le personnage est parfaitement à l'aise avec son rôle. Mieux encore, il prend le temps de nous en parler comme s'il nous présentait les subtilités de son produit. Imagine un peu :
"Bonjour, moi c'est Niles, commercial chez Les Chaises GrilleTout, et aujourd'hui, je vais vous expliquer pourquoi la chaise électrique reste, selon moi, une valeur sûre".
Mais t'es un gros malade Niles !
Après cette présentation des qualités de la chaise électrique, vient le moment de passer de la théorie à la pratique. Notre joyeux geôlier active le levier qui va envoyer Charlie rejoindre définitivement le paradis des condamnés à mort.
Il fait ça avec une décontraction assez remarquable. Tel un groom actionnant un bouton d'ascenseur pour amener ses clients dans leur chambre d'hôtel, il s'exécute (sans jeu de mot) sans sourciller. Malheureusement pour Charlie, l'issue est bien moins romantique qu'une nuit dans la suite nuptiale. Ici, il n'y aura pas de suite et la nuit est léthale…
Quelle finesse d'écriture n'est-ce pas ?
Dans la scène suivante, notre maton se présente officiellement à nous. Il s'appelle Niles Talbot et il porte remarquablement bien le blouson en cuir et le chapeau.
Niles Talbot, égérie Chapeau/Cuir Maton Magasine 1989
Franchement, on était plutôt mal partis avec lui entre son enthousiasme pour la chaise électrique et sa manière beaucoup trop décontractée de donner la mort. Pourtant, maintenant qu'il s'est présenté, il a presque l'air sympathique, ce type. J'irais presque prendre une petite pinte avec lui.
J'ai bien dit "presque", hein. Parce qu'il ne me semblait quand même pas très net au début de l'épisode. Et puis boire une bière avec un mec qui considère l'exécution capitale comme un métier-passion, c'est peut-être le genre de décision qu'on regrette dès le deuxième verre.
Bref, Niles poursuit sa présentation en mode j'enregistre une vidéo pour mon profil de "Coucou, c'est par ici pour baiser et se faire lacérer la bite !", oui, c'est une nouvelle app de rencontre pour psychopathes, fétichistes et autres déséquilibrés de la caboche.
Il nous apprend donc qu'il exerce son métier de coeur depuis douze ans dans cette prison. Avant cela, notre homme avait un autre métier. Il était électricien.
Quoi ? Attends !
T'es en train de me dire que les électriciens sont tous des putains de psychopathes ?
Bouge pas, j'annule de suite mon rendez-vous avec la société "Pascal et son Gros Câble".
Après s'être confié à nous, Niles entre dans un diner et découvre aux informations que l'abolition de la peine de mort dans son État est sur le point d'être promulguée. À voir sa tronche, je peux te dire immédiatement qu'il n'est pas franchement ravi de la nouvelle.
Et il y a quelque chose d'assez efficace dans cette scène. Jusqu'ici, Niles nous racontait son métier avec une décontraction presque comique. On comprend de plus en plus que ce travail n'est pas simplement un gagne-pain pour lui. Il fait intégralement parti de lui. Et forcément, quand on annonce à un bourreau que la peine de mort va être supprimée, ça risque de compliquer légèrement son évolution de carrière.
Sans plus attendre, la scène suivante fait un bond dans le temps. Niles se retrouve dans le bureau de son patron. Et là, mauvaise nouvelle pour notre sympathique amateur de chaise électrique : il est viré. La loi est officiellement passée, la peine de mort n'existe plus et Niles perd donc son emploi.
Mais ça ne s'arrête pas là. Son patron lui explique qu'il doit également quitter la prison. Impossible de lui proposer un autre poste au sein de l'établissement, tout simplement parce que sa présence pourrait devenir dangereuse. En effet, après avoir participé à l'exécution de plusieurs condamnés, Niles pourrait devenir une cible pour certains détenus. Résultat : plus de boulot et plus de prison.
Pauvre homme ! Franchement, on aurait presque de l'empathie pour lui... ou pas !
Niles se retrouve ensuite dans un bar où il explique au barman une idée qui permet de mieux cerner son état d'esprit dérangé. Selon lui, il faudrait filmer et diffuser les exécutions afin de montrer aux criminels ce qui les attend et ainsi faire baisser la criminalité. Alors, oui pourquoi pas, c'est une idée comme une autre. Une reconversion en tant qu'influenceur d'exécutions capitales c'est un plan B qui peut tenir la route. J'avoue que comme blase Niles le vulgarisateur des geôles, ça claque !
Après cette charmante discussion, Niles part déambuler dans les rues. Et comme notre homme semble incapable de rester silencieux plus de trente secondes, il s'adresse une nouvelle fois directement à nous. Il se lance alors dans une réflexion sur la mort, que celle-ci est présente partout, qu'elle nous entoure, qu'elle nous surveille, qu'elle est en nous... mais dis-moi, Niles, c'est la franche rigolade chez toi. T'es un sacré boute-en-train. On ne doit pas s'ennuyer avec toi... hein, c'est la fiesta !
Bref, on se marre, mais on comprend surtout que cette petite marche nocturne dans les rues permet surtout à l'épisode d'installer progressivement la dérive du personnage. Niles vient de perdre son métier, mais il n'a pas perdu ce qui le caractérise, à savoir son obsession pour la mort. Et maintenant qu'on lui a retiré son terrain de jeu, reste à voir ce qu'il va faire par la suite...
Dans la scène suivante, Niles se rend au tribunal. Sur place il assiste à la libération d'un certain James Flood, accusé d'avoir tué un homme mais une insuffisance de preuves a joué en sa faveur.
C'est le déclic ! Niles en a gros sur la patate et c'est décidé, il ne laissera pas ce "crime impuni". Voilà donc notre ancien bourreau qui se découvre une nouvelle vocation : justicier. Tel un Pyjamasque un peu plus adulte, beaucoup moins accompagné d'acolytes, un peu plus psychopathe et surtout sans pyjama, il est bien décidé à rendre sa propre justice.
Et effectivement, Niles n'est pas le genre de type à tergiverser. Quand il prend une décision, il agit et c'en est fini très rapidement pour ce bon gros con d'homophobe de Flood.
De retour au tribunal, Niles découvre sa prochaine affaire concernant Cynthia Baldwin et Theodore Carne, deux amants accusés d'avoir tué la femme de Carne. Mais, une fois encore, les preuves ne suffisent pas et les deux suspects sont acquittés.
Rassure-toi... ou pas, mais Niles est là, et il veille au grain. Il ne laissera pas ces deux coquins s'en tirer ainsi. Pendant qu'il nous explique en quoi ces deux personnages méritent la mort, il nous invite à ses côtés dans sa folie meurtrière. Et c'est là qu'on découvre Theodore et Cynthia, chez eux, nus dans leur jacuzzi, prêts à faire l'amour et là… STOP ! Arrêt sur images !

Jean-Clément : "Ah bah ouais carrément, vas-y pause ! Elle est plutôt bonne la p'tite meuf avec son p'tit cul. Vas-y rembobine que je matte encore !"
Alors... non ! Pas de pause et je ne rembobine rien du tout. Et d'ailleurs je ne regarde pas l'épisode sur un magnétoscope, mais ça on s'en fout !
Alors, pour une fois Jean-Clément je vais, contre toute attente, aller dans ton sens. En effet, voilà un souvenir que j'avais complètement oublié. Mais je sais qu'ado j'aimais bien "Les contes de la Crypte" pour son côté un peu sulfureux. Alors on n'était pas dans des scènes érotiques à la "Hollywood night" (si t'as la réf, viens m'en parler), mais il y avait toujours de quoi émoustiller les jeunes ados prépubères que nous étions.
Jean-Clément : "Ah tu vois que ça te plait à toi aussi !"
Alors non, on arrête là cette connivence. Tu es un grand garçon, et tu peux comprendre qu'entre nous ça ne matche pas du tout. On n'est pas copain, donc tu vas... d'abord arrêter de te toucher le sexe à travers ton jogging et s'il te plait je t'invite à aller retrouver ta chérie...
Jean-Clément : "Kimberley ?"
Oui ta cousine, c'est ça... va la voir si tu veux !
Revenons donc à notre histoire. Cynthia et Theodore sont tranquillement dans leur jacuzzi lorsque Niles débarque. Et là, notre ancien électricien montre qu'il n'a absolument rien perdu de ses anciennes compétences. Il vient de transformer le bain à bulles en chaise électrique version spa. Sympa comme mort !
On enchaîne avec une nouvelle victime : une strip-teaseuse acquittée du meurtre de son petit ami. Et forcément, Niles ne compte pas laisser passer ça.
La scène nous plonge dans un bar de strip-tease, avec un petit passage qui confirme ce que je disais plus tôt : "Les contes de la Crypte" avait effectivement un petit côté coquin complètement assumé.
Et pendant que ce spectacle savoureux se poursuit, Niles nous gratifie d'un laïus très limite sur les femmes. Un discours particulièrement rétrograde, que l'on pourrait retrouver de nos jours dans la bouche du premier tocard masculiniste qui essaye de faire des vues sur Insta ou Tiktok.
Bref, notre ancien bourreau a trouvé sa victime. La sentence tombe et Niles s'apprête à passer à l'action. Malheureusement pour lui, rien ne se passe comme prévu. Son plan tombe à l'eau et la police débarque pour le mettre au cachot.
Et comme si l'univers avait décidé de se payer sa tête jusqu'au bout, Niles apprend que la peine de mort vient d'être rétablie dans son État. Le timing est absolument parfait. Après avoir passé tout l'épisode à regretter la disparition de son métier de bourreau, Niles va finalement avoir droit à une dernière exécution. Et par n'importe laquelle car ce sera la sienne. Karma bitch !
La scène suivante nous ramène donc en prison, le soir de l'exécution de Niles. Il attend son sort et, cette fois, personne ne viendra le sauver. Le Gouverneur ne lui accorde pas de grâce et notre ancien professionnel de la chaise électrique se retrouve à son tour assis sur le siège qu'il affectionnait tant.
Les rôles sont définitivement inversés. Celui qui expliquait quelques minutes plus tôt les bienfaits de la peine capitale découvre l'envers du décor et finit même par craquer. En pleurs, il tente une dernière fois de justifier ses actes avec une explication aussi simple que glaçante : c'était son job et il était bon dans son travail.
Adieu, Niles. Adieu l'ami électricien, tu étais au courant des risques encourus, tu as pourtant pété les plombs là où tu aurais dû faire Volt-face et reprendre le court d'une vie normale.
Quoi, ils ne te plaisent pas mes jeux de mots ? Après avoir passé tout un épisode à parler d'électricité, je me devais de conclure là-dessus, non ?
C'est sur cette fin tragique mais totalement justifiée, que notre cher Gardien refait surface pour nous délivrer la morale de l'histoire : ne pas être trop consciencieux dans son travail.
Effectivement, Niles était certainement un peu trop investi dans sa profession. Il reste tout de même un léger détail que notre Gardien semble avoir oublié. Niles était surtout un PUTAIN de détraqué !
Et voilà, c'est terminé. C'est sur cette leçon de vie que s'achève l'épisode.
Ici, le format d'anthologie change forcément la donne par rapport aux autres séries passées au gril dans La Crypte aux Séries. Pas besoin de se demander ce que vont devenir les personnages la semaine prochaine, pas de mystère à résoudre, pas de cliffhanger destiné à nous faire revenir pour regarder la suite de l'intrigue.
L'histoire de Niles Talbot commence et se termine dans ce même épisode. Pas de questions laissées sans réponses, et c'est pas mal pour une fois !
Il est donc temps de faire le bilan de ce premier épisode... survolté !
Alors, ça valait le coup de revoir le premier épisode de "Les contes de la Crypte" ?
"Les Contes de la Crypte" fait partie de ces séries qui m'ont marqué étant gamin.
Je n'en garde pas un souvenir impérissable, mais je sais qu'elle a contribué, à sa manière, à me faire mettre un pied dans le monde de l'horreur. Un genre que j'affectionne particulièrement, sans pour autant être un gros consommateur de films d'horreur. Mais cette série a participé à ma découverte de cet univers. Et rien que pour ça, elle occupe une petite place particulière dans ma mémoire.
Je n'ai pas vu tous les épisodes de la série et je n'ai que de vagues souvenirs de ceux que j'ai vus. Pourtant, il suffit que quelqu'un évoque la série pour que je sois immédiatement renvoyé à une époque de mon enfance, époque où je découvrais peu à peu ce qui était censé m'être interdit. Les fictions interdites à un certain âge m'étaient alors accessibles. Et "Les Contes de la Crypte" faisait parfaitement partie de cette catégorie.
La série a donc accompagné, d'une certaine façon, mon émancipation de gamin. Elle m'a permis de découvrir quelque chose d'un peu plus sombre, d'un peu plus adulte et surtout d'inconnu. Et forcément, plus de trente ans après, il reste quelque chose de cet attachement.
Alors, revoir aujourd'hui le premier épisode n'a pas franchement été une épreuve. Déjà parce qu'il ne dure que 26 minutes. Et franchement, quel bonheur ! Pas besoin de six épisodes pour raconter une histoire qui pourrait tenir en une demi-heure. Pas besoin non plus de multiplier les sous-intrigues, les personnages secondaires dont on se fout royalement ou les scènes contemplatives destinées à faire croire qu'il se passe quelque chose. En 26 minutes, "Les Contes de la Crypte" te présente son personnage, son concept, son univers, déroule son histoire et remballe tout le monde. C'est court, efficace et plutôt malin.
Et surtout, l'épisode permet de comprendre immédiatement dans quoi on met les pieds avec cette anthologie. Une histoire indépendante, un personnage qui part complètement en vrille, quelques morts, une morale plus ou moins tordue et notre cher Gardien pour refermer le livre. Ça t'a plu, parfait. Reviens la semaine prochaine, on change de personnage, de thèmes, mais ce sera toujours tordu, malsain et avec des morts. Tu signes ?
Donc, à la question habituelle, est-ce que je vais poursuivre le visionnage de la série ? La réponse est... pourquoi pas !
Non, je ne vais évidemment pas me lancer dans un visionnage intégral des sept saisons. Je n'ai ni le temps, ni l'envie d'autant plus qu'il y a d'autres séries que j'aimerais découvrir avant.
En revanche, je ne ferme absolument pas la porte à une petite escapade ponctuelle dans la crypte. D'ailleurs, si tu as un épisode à me conseiller, fais péter, je suis preneur !
Les aspects positifs de cet épisode
- Un scénario simple mais efficace. On n'est certes pas devant de la grande écriture scénaristique, mais l'épisode fait le job. L'histoire va droit au but et ne s'embarrasse pas de détours inutiles.
- Niles, un antihéros. Un personnage qui prétend éliminer celles et ceux qu'il considère comme nuisibles à la société, tout en étant lui-même complètement barré. Une sorte de Dexter avant l'heure, avec beaucoup moins de subtilité et beaucoup plus de problèmes avec l'électricité.
- Une durée parfaite. 26 minutes pour raconter une histoire complète. C'est presque devenu un luxe aujourd'hui.
- Le Gardien. La marionnette tient la route plus de trente ans après. Et son apparence participe énormément au charme de la série.
- Le charme des années 80-90. La réalisation, les décors, les effets spéciaux, l'ambiance... Tout cela possède une petite patine qui fait partie du plaisir de replonger dans ces décennies qui me sont si chères.
Les aspects négatifs de cet épisode
- Certains propos ont sacrément mal vieilli. Et notamment certaines sorties de Niles. Le personnage tient régulièrement des propos racistes ou misogynes qui étaient déjà particulièrement limites à l'époque et qui passent encore moins inaperçus aujourd'hui. Le mec n'est clairement pas le gendre idéal.
Alors, verdict ?
Eh bien revoir cet épisode des Contes de la Crypte ne fut donc absolument pas éprouvant.
À l'instar de "Sauvés par le gong", il m'a surtout permis de me replonger dans mes années collège et de retrouver certaines sensations associées à cette époque. Pas forcément des souvenirs précis liés à des épisodes, mais plutôt cette sensation de découvrir des programmes qui semblaient un peu plus adultes, un peu plus interdits et donc forcément beaucoup plus fascinants quand on était gamin.
Et finalement, c'est peut-être ça que je viens chercher avec ce format d'article. Je ne cherche pas nécessairement à retrouver exactement les séries que j'adorais à l'époque, mais peut-être plus renouer avec des émotions de mon ancien moi. Et ça permet aussi de confronter tout ça à mon regard d'adulte.
Cela fait donc deux épisodes traités d'affilé qui ont réussi à ne pas trop me déplaire. Attends, je ne vais quand même pas commencer à prendre goût aux bonnes séries. Il est temps de changer de paradigme et de revenir à une bonne grosse série de merde. Faut pas déconner non plus !
En attendant de la découvrir, je te donne rendez-vous prochainement pour un nouvel article.
D'ici-là, profite de la vie, méfie-toi des électriciens et bisous.