Une série qui marque le passage de l'enfance à l'adolescence
C'est la rentrée !
En cette période qui marque la fin des vacances et le début d'un nouveau cycle scolaire, quoi de mieux que de se pencher sur une série dont l'intrigue se déroule à l'école ? Alors non, je te rassure de suite je ne vais pas m'attaquer à une nouvelle série signée AB Productions. Je crois avoir donné assez de ma personne avec "Le miel et les abeilles" et "Salut les musclés". Mais oui, j'ai bien noté la série "La philo selon Philippe" dans ma to do list. J'appelle ça de l'abnégation, ou un problème psychologique. Mais tout ça, c'est pour toi !
Aujourd'hui, direction les États-Unis. Plus précisément la Californie, puisque nous allons pousser les portes du Bayside High School, établissement scolaire devenu, dans les années 90, l'une des écoles les plus célèbres de la télévision américaine. Une école où même les plus cools de ton école n'arriveraient pas à la cheville du type le plus cool de Bayside, le bien nommé Zack Morris.

Et Zack n'est pas simplement populaire. Zack est le genre de garçon qui entre dans une pièce et semble immédiatement bénéficier d'un éclairage trois fois plus flatteur que celui des autres. Le genre de type qui peut faire une connerie monumentale et s'en sortir avec son sourire Colgate et sa coupe de cheveux parfaitement brushée. Bref, un mec qui, à 15 ans, possède déjà davantage de confiance en lui que nous tous réunis à plus de 40 piges.
Avant de faire plus ample connaissance avec Zack et sa bande de potes, prenons tout de même quelques minutes pour replacer cette série dans son époque.
Sauvés par le gong, le lycée américain selon NBC
Si tu es incollable sur les séries des années 80 et 90, tu auras évidemment reconnu la série dont je vais te parler aujourd'hui : "Sauvés par le gong" ("Saved by the Bell" en VO). Créée par Sam Bobrick et produite pour NBC, cette sitcom américaine pour ados est diffusée de 1989 à 1993, soit un total de 86 épisodes répartis sur 4 saisons. Elle suit les aventures de Zack Morris, Kelly Kapowski, A.C. Slater, Jessie Spano, Lisa Turtle et Screech Powers au sein du très fictif Bayside High School.
Au fil des années, la série aura eu droit à de nombreux spin-off plus ou moins réussis. Le dernier en date étant de 2020. N'ayant vu aucun des dérivés susmentionnés, je ne me permettrais pas de juger la qualité de ceux-ci, mais bon, entre nous, ça sentait la bonne grosse bouse !
Savais-tu que l'histoire de production de "Sauvés par le gong" est légèrement mouvementée ?
En effet, avant de devenir la série telle qu'on la connaît aujourd'hui, le projet s'appelait "Good Morning, Miss Bliss". Cette première version, diffusée sur Disney Channel en 1988-1989, était centrée sur une enseignante incarnée par Hayley Mills et se déroulait dans un collège d'Indianapolis. Certains personnages que tu connais bien, dont Zack, Screech, Lisa et M. Belding, existaient déjà. Les faibles audiences ont poussé la série à l'annulation. Mais NBC a décidé de reprendre le projet et a complètement remanié le concept pour en faire la série que nous connaissons : changement de décor, passage au lycée, disparition de Miss Bliss et recentrage sur les adolescents.
En France, la série a débarqué sur nos écrans en 1991 dans l'émission culte Giga diffusée sur Antenne 2. Quand je dis culte, ce n'est pas pour rien. Car l'émission a animé les fins d'après-midis de nombreux adolescents et nombreuses adolescentes entre 1990 et 1995. Avec une programmation qui ressemble aujourd'hui à un gigantesque buffet à volonté de nostalgie télévisuelle avec des séries comme "Les années collège", "Quoi de neuf docteur ?", "ALF", "La fête à la maison", "Happy days", "Zorro", "Le Prince de Bel-Air" et bien entendu "Sauvés par le gong". Ah, et il y a même eu des séries françaises dont la génialissime "Seconde B"... non c'était de la merde !
Pour ma part, je me souviens de ces fins de journées où je rentrais du collège avec une seule mission : rejoindre le plus rapidement possible ma maison, me ruer dans la cuisine, me préparer un goûter souvent à base de Vache qui rit et de confiture (oui chacun ses goûts), pour enfin m'affaler sur le canapé devant mes séries préférées.
Une époque désormais bien lointaine qui me laisse une belle nostalgie. Pas nécessairement que j'ai apprécié mes années collège (on ne va pas se mentir souvent les plus difficiles et ingrates dans une scolarité classique), mais elles marquent ce passage entre l'enfance et l'adolescence, entre l'innocence et les premières turpitudes de la vie. Une période où les fins de journées au sein du cocon familial semblaient encore salvatrices. J'en garde donc un bon souvenir et je me prends parfois à me remémorer ces instants de cocooning avec une série comme "Sauvés par le gong" qui jouait finalement le rôle d'un bon vieux doudou télévisuel.
Outre cet aspect-là, la série avait aussi une autre vocation : celle de faire rêver, disons plutôt fantasmer, les ados aux hormones en ébullition que nous étions. Car le casting avait été soigneusement constitué pour que chacun puisse trouver son petit objet de fascination, avec son lot de personnages dont la plastique ne pouvait laisser insensible le plus chaste de tous les curés. Oui, j'avoue que l'analogie est quelque peu indélicate, mais t'as l'image, n'est-ce pas ?
Mark-Paul Gosselaar, aka Zack, Tiffani Thiessen, aka Kelly, Marió Lopez, aka Slater, Elizabeth Berkley, aka Jessie et Lark Voorhies, aka Lisa, il y en avait pour tous les goûts. Les filles fantasmaient sur Zack et Slater. Quant aux garçons, ils se rinçaient l'oeil sur Kelly, Jessie et Lisa. Et puis, chacun pouvait aussi loucher sur qui il voulait. Ici, inclusivité, diversité, unicité, sororité, liberté, égalité et fraternité. Je ne suis qu'amour. Et je te dis qu'à 14 ans j'en aurais donné de l'amour à la Kelly. Bon sens, elle faisait chavirer mon petit cœur et forçait ma mère à changer mes draps bien trop souvent...
Marie-Constance : "Décidément vous êtes un abject personnage aux pensées crasses. Tous vos propos vous conduisent inéluctablement dans les méandres de l'impudeur et de la déchéance. Le Malin est en vous !".
Ne vois pas le mal partout ma chère Marie-Constance. Je n'étais alors qu'un jeune adolescent en recherche de sensations fortes. Le sexe opposé m'était alors inconnu. Je nourrissais le noble espoir de rencontrer l'amour, de lui adresser la parole, de le regarder avec mes yeux émerveillés et, éventuellement, de lui toucher les seins. Normal quoi !
Bon, en te disant tout ça, tu imagines bien que de revoir la série après plusieurs décennies me fait terriblement peur. Car la nostalgie est une sale bête et je l'ai déjà testée en saccageant mes souvenirs d'enfance avec "Manimal".
Alors que me réserve à présent ce visionnage ? Vais-je retrouver cette série réconfortante qui accompagnait mes fins d'après-midi ? Ou vais-je découvrir qu'une partie de mon adolescence reposait sur une sitcom où des lycéens californiens passent leur temps à monter des combines absurdes avec une telle décontraction que cela ferait passer les scénaristes de "Pour être libre", des 2Be3, pour des chercheurs du CNRS ?
Mais attends car j'ai une info croustillante sur la diffusion des épisodes et plus précisément sur notre premier épisode, celui que nous allons (re)découvrir ensemble.
Aux États-Unis, "Le Roi de la colline" ("King of the Hill") porte le numéro 15 de la première saison et a été diffusé par NBC le 9 décembre 1989. Dans l'ordre de diffusion original, cet épisode est donc arrivé très tard, et les téléspectateurs avaient donc déjà fait connaissance avec une bonne partie de la bande avant de découvrir ce qui constitue pourtant, narrativement, le véritable commencement de leur vie à Bayside : la rentrée au lycée et l'arrivée de Slater.
En France, le choix paraît finalement beaucoup plus logique. "Le Roi de la colline" a été programmé comme premier épisode. Et franchement, pour une fois, quand on sait que les chaînes françaises aiment diffuser les épisodes dans n'importe quel sens (merci TF1 pour avoir fait n'importe quoi avec la série "Angel"), je dis bravo. Donc en France, quelqu'un a visiblement regardé l'épisode avant de décider de l'ordre de diffusion. Autant commencer par le début, non ?
Allez, puisque nous sommes là pour voir si nos souvenirs résistent à l'épreuve du temps, il est grand temps de vérifier si "Sauvés par le gong" mérite encore aujourd'hui cette petite place privilégiée dans notre mémoire. Voyons ensemble ce que vaut ce pilote et surtout s'il nous donnera envie de prolonger ou non l'aventure avec Zack et ses amis.
Alors sors ta plus belle permanente, vide une bombe de gel dans tes cheveux, prépare ton goûter et installe-toi confortablement.
Direction Bayside, c'est parti !
À la découverte du premier épisode de "Sauvés par le gong"
Un générique sous acide
L'épisode débute par le générique devenu culte de la série :
Dès les premières secondes, tu comprends que "Sauvés par le gong" n'a pas décidé de faire dans la sobriété.
C'est flashy, coloré, rétro, bref, ça fleure bon la fin des années 80. Des couleurs pétantes, des formes géométriques, des effets graphiques qui partent dans tous les sens et, au milieu de ce joyeux bordel visuel, tout un catalogue de symboles censés nous rappeler que nous sommes en Californie : lunettes de soleil, skate, voiture décapotable, sneakers, guitare... On a même droit aux visages de nos héros, incrustés à l'écran avec cette élégance toute particulière des génériques de séries de l'époque.
Le tout est accompagné d'une musique rock'n'roll qui évoque vaguement les Beach Boys sous amphétamines. Bref, d'un point de vue esthétique, ce n'est pas franchement joli…
Jean-Thierry : "C'est même très moche mec, tu peux le dire ! On est bien loin des génériques ultra léchés de HBO. Rien ne vaut celui de Game of Thrones. Tout le reste c'est de la merde !"
Ah, voilà notre Jean-Thierry !
Tu lui montres une sitcom pour adolescents produite en 1989 et il te parle immédiatement de HBO et de "Game of Thrones". Alors effectivement Jean-Thierry, le générique de "Sauvés par le gong" est moins sophistiqué que celui de "Game of Thrones". Merci pour cette analyse de haute volée.
Je ne voulais pas aller plus loin sur celui-ci, mais tu me forces la main. Donc si tu veux bien ranger ton ego dans sa boîte et revenir avec nous en 1989, on va essayer de comprendre ce que nous avons sous les yeux.
Déjà, je pense qu'il faut donner un tant soit peu de contexte et resituer le générique dans son époque. En 1989, les séries télévisées ne disposaient pas des mêmes moyens techniques et financiers qu'aujourd'hui.
Les plateformes et les grandes chaînes peuvent désormais consacrer des sommes considérables à leurs productions, et certaines n'hésitent plus à transformer leur générique en véritable objet artistique. Mais à la fin des années 80, le générique d'une sitcom destinée aux adolescents n'avait pas exactement vocation à devenir une œuvre d'art contemplée au MOMA. Son objectif était beaucoup plus simple : identifier la série, présenter ses personnages et donner immédiatement le ton.
Et sur ce point, "Sauvés par le gong" entre dans le moule. Certes elle ne fait pas dans la subtilité, mais elle te balance littéralement son univers à la figure :
- La Californie avec une décapotable, des lunettes et un skate.
- Des adolescents avec des baskets et les tronches des acteurs.
- La cool attitude avec une musique rock et des couleurs bien criardes comme on les aimait à l'époque.
Et pourtant, il serait injuste de réduire ce générique à une simple accumulation de trucs colorés jetés au hasard sur l'écran.
En effet, le générique de "Sauvés par le gong" est bien plus travaillé qu'il ne le laisse penser.
Tous ces effets de styles avec des couleurs très prononcées, des formes géométriques et des motifs de zig-zags, de gribouillis... sont des codes que l'on retrouve dans le style Memphis, Memphis Design en anglais. Il s'agit d'un courant artistique né dans les années 80. N'étant pas prof d'art plastique, je n'irai pas plus loin sur le sujet, je te laisse creuser par toi-même. Ici, mon argument est simplement là pour te dire qu'avant de juger quelque chose uniquement sur sa couverture, il est nécessaire de s'interroger, de se poser des questions et surtout les bonnes questions.
Bien entendu, il y a les goûts et les couleurs de chacun. En d'autres termes, on aime ou on n'aime pas ce courant artistique. Perso, je trouve ça un peu trop coloré et bariolé. Quoiqu'il en soit, le générique de "Sauvés par le gong" a su surfer sur la vague, reprendre les codes de son époque et rester cohérent avec ceux-ci.
Alors juger ce générique uniquement avec nos critères esthétiques actuels serait un peu facile. C'est comme reprocher à une voiture des années 80 de ne pas avoir d'écran tactile ou de radar de recul. C'est nul mec !
Il faut regarder l'objet pour ce qu'il est. Et dans le cas présent, le générique de "Sauvés par le gong" réussit plutôt bien son objectif : en quelques secondes, il installe l'univers de la série. C'est kitsch. C'est daté. C'est parfois franchement laid. Mais c'est aussi terriblement années 80. Et quelque part, c'est précisément pour cela qu'il fonctionne encore aujourd'hui.
Bon et entre nous mon petit mec condescendant, et on s'arrêtera là-dessus car j'ai beaucoup trop dévié du sujet, si tu veux comparer des choses, prends des choses qui sont comparables, pas le générique d'une sitcom pour adolescents de 1989 avec celui de "Game of Thrones". Ce serait comme comparer un film de Stanley Kubrick à un film de Uwe Boll. Ici, c'est pareil, prends plutôt un autre générique de HBO. Pour ma part, et même si tu ne me poses pas la question, ceux de "Rome" et de "Deadwood" m'avaient scotché.
Jean-Thierry : "Oui, mais Game of Thrones..."
Ta gueule Jean-Thierry. Le débat est clos !
Allez, le générique est à présent terminé, attaquons l'épisode.
Zack Morris, héros ou futur délinquant sexuel ?
Après ce déluge de couleurs, on se retrouve dans une chambre d'ado, mais pas n'importe laquelle, celle de notre héros Zack Morris.
Première stupéfaction, le personnage de Zack brise d'emblée le quatrième mur en s'adressant directement à la caméra. Je dois bien l'avouer, je ne me souvenais pas du tout de ce parti pris de la série. Et c'est plutôt amusant, parce que la série ne va pas simplement utiliser ce procédé comme un petit effet de style occasionnel. Zack va progressivement faire de la caméra son meilleur pote, en l'occurrence, nous ! Il nous parle. Il nous regarde. Il nous explique ce qu'il prépare. En gros, nous sommes dans la confidence de Zack. Je ne sais pas si c'était monnaie courante dans le genre sitcom à l'époque, mais je trouve ce choix plutôt malin.
Mais à peine ai-je eu le temps de trouver ce procédé sympathique que Zack décide de nous rappeler pourquoi il est probablement préférable de ne jamais se fier à un adolescent en pleine poussée hormonale. On découvre alors le côté pervers de notre blondinet.
En effet, c'est la rentrée et contrairement à 99,9 % des adolescents normalement constitués, Zack est impatient de retourner à l'école. Pourquoi me diras-tu ? Aucun gamin sensé n'a envie d'aller à l'école, qu'est-ce que c'est que cette fiction au réalisme plus que douteux ?
Jean-Félicien : "Moi aussi j'aimais bien retourner à l'école."
Non Jean-Félicien, tu fuyais la dure réalité de ton quotidien dans lequel tu passais ton été cloitré dans le poulailler de papi Jeannot. Toi, tu aimais bien parce que tu pensais que les vacances commençaient enfin.
Donc Zack, lui, est heureux. Pourquoi ?
Ah oui, le mec a une bonne raison. Enfin, surtout une raison de petit coquin car il a des vues sur une certaine Kelly, capitaine de l'équipe de volley-ball et accessoirement très jolie.

Alors non, Zack n'est pas adepte de ce sport de ballon. Il n'est pas non plus un fan hardcore du dessin animé "Jeanne et Serge". Non, Kelly lui plaît, tout simplement. Jusque-là tout va bien. Il a tout à fait le droit d'avoir un crush et d'espérer retrouver sa camarade de classe pour une nouvelle année studieuse et trépidante.
Non, ce n'est pas du tout son objectif.
Et on le comprend au moment où il se saisit d'une télécommande et appuie sur un bouton pour faire descendre un poster géant de la belle Kelly devant sa porte de chambre. J'avoue avoir bloqué. J'ai regardé l'écran. J'ai regardé Zack. J'ai regardé le poster. Bref, j'ai buggé.

Le mec possède une affiche géante de la fille dont il est amoureux, soigneusement dissimulée dans sa chambre et prête à apparaître au simple appui sur un bouton. C'est à la fois mignon et terrifiant. Sérieusement, qui fait ça ?
Quel adolescent possède dans sa chambre un poster taille réelle de la fille qu'il convoite avec, en prime, un mécanisme électrique pour le faire apparaître devant sa porte ? À ce stade, Zack n'est plus un lycéen amoureux. C'est le personnage principal d'un épisode de "Faites entrer l'accusé" qui n'a pas encore commis son crime.
Malgré tout, le dispositif est présenté avec humour. La série ne nous demande pas de trouver Zack inquiétant, mais simplement de trouver ça "cool". Et c'est là que le revisionnage devient intéressant. Parce qu'en 1989, le personnage pouvait facilement être perçu comme le héros malicieux et attachant, le beau gosse un peu filou qui veut séduire la plus jolie fille du lycée et qui va probablement monter quelques combines pour parvenir à ses fins.
Trente-cinq ans plus tard, avec notre regard contemporain, on peut aussi se demander si le garçon n'aurait pas besoin de deux ou trois séances chez un psy.
Mais Zack possède une arme narrative redoutable car il a le pouvoir de nous parler directement. Il sait qu'il fait des conneries et qu'il manipule son entourage, mais il sait surtout qu'il nous a de son côté. Ici, le quatrième mur n'est pas qu'un gadget. C'est une manière de nous rendre complices de ses combines. Parce que dans une autre sitcom, Zack pourrait rapidement devenir insupportable. Ici, la série nous donne accès à ses pensées et nous transforme presque en partenaires de crime. Il ne nous raconte pas seulement ce qu'il fait, il nous fait entrer dans son monde.
Alors oui, le poster géant de Kelly est complètement ridicule. Mais il remplit parfaitement sa fonction et en moins de deux minutes, nous savons qui est Zack Morris : un beau gosse, un petit malin, un amoureux transi, un manipulateur, un agitateur...

Ah non pas lui !
Ce qui est certain, c'est que la rentrée promet d'être intéressante.
Bienvenue à Bayside
Après avoir découvert la chambre de Zack et son poster légèrement préoccupant de Kelly, nous voilà maintenant dans les couloirs du lycée de Bayside. Et là, aucun doute possible, nous sommes en plein dans les années 80. Les couleurs, les fringues, les coiffures... tout est là !
Et c'est dans ce décor que Zack fait son entrée. Le déroulé est plutôt bien amené et fluide avec notre Blondin (on va l'appeler comme ça dorénavant) qui passe de personnage en personnage pour nous permettre de faire connaissance avec tout le casting : Jessie, Kelly, Lisa, le proviseur Belding et un nouveau venu, un certain Slater.
Ce dernier vient d'arriver à Bayside et semble avoir une mission très claire : marquer son territoire. À peine arrivé, le type commence déjà à draguer tout ce qui bouge. Et lorsqu'il explique qu'il en est à sa quatorzième école en moins de trois ans, on comprend rapidement que son dossier scolaire doit être aussi épais qu'un annuaire téléphonique (pour les jeunes du coin, c'est comme ça qu'on pouvait connaître le numéro de téléphone d'une personne dans l'ancien temps... mode boomer off).
Quatorze établissements en trois ans, beau palmarès champion ! Bon apparemment, il en tire une certaine fierté. À chacun son délire ! Mais il y a tout de même un petit problème car Slater est censé être lycéen. Et Mario Lopez, qui incarne le personnage, avait beau être adolescent au moment du tournage, il possède déjà le physique d'un prof de crossfit.

À ce stade, on ne sait pas encore grand-chose de Slater. Mais on sait déjà qu'il est musclé, dragueur, sûr de lui et qu'il change d'établissement scolaire plus souvent que certains changent de forfait téléphonique.
Pendant ce temps, Blondin continue tranquillement sa tournée des personnages. En quelques minutes, il nous dévoile l'étendue de ses talents : filou, fainéant, entourloupeur, dragueur, profiteur et calculateur.
Ce dernier trait de caractère apparaît lorsqu'il retrouve son vieux copain Screech. Car Zack et Screech se connaissent depuis longtemps, et notre héros semble trouver malin de se servir de son ami quand ça l'arrange. Et Screech est manifestement une cible parfaite. Il est naïf, fidèle et suffisamment crédule pour suivre Zack dans à peu près n'importe quel délire. Bref, Screech est exactement le meilleur ami dont rêve un manipulateur. Zack l'ayant bien compris, il ne tarde pas à trouver une utilité à cette amitié. Il veut récupérer le casier situé juste à côté de celui de Kelly.
Pourquoi ?
Parce que passer ses journées à proximité de la fille dont il est amoureux lui semble être une excellente stratégie de séduction. Et pour obtenir ce casier, il va utiliser Screech. Mission accomplie !
Voilà donc comment, en quelques minutes seulement, "Sauvés par le gong" nous présente sa petite troupe :
- la fille populaire ;
- l'intello ;
- la fashionista ;
- le nouveau beau gosse musclé qui change d'école comme de chemise ;
- le proviseur dépassé ;
- le meilleur ami geek ;
- et Zack, le mec qui a déjà compris comment manipuler tout ce petit monde.
Quand Blondin rencontre plus fort que lui
On avance tranquillement dans cette première journée de rentrée à Bayside et nous voilà une nouvelle fois dans les couloirs du lycée.
Avant de rejoindre la classe, Blondin nous offre un nouvel aparté. Notre héros a déjà un nouveau plan en tête : faire en sorte d'être à côté de Kelly pendant les cours. Sans être un fin stratège, il arrive à ses fins et se retrouve à côté de la belle. Victoire !
Dans le même temps, Slater arrive en classe et se place à côté de Screech, au fond comme tout bon cancre qui se respecte. Bon entre nous, c'était la meilleure place, au fond, près de la fenêtre et du chauffage. Tu pouvais regarder dehors, somnoler discrètement, bénéficier de la chaleur du radiateur et, surtout, être suffisamment loin du professeur pour tenter une petite sieste sans te faire repérer immédiatement. Bref, Slater a peut-être quitté quatorze établissements scolaires, mais il sait manifestement choisir une place en classe.
Mais voilà, Slater est bien plus malin que Blondin et réussit à lui piquer sa place à côté de Kelly. Zack, qui semblait jusqu'ici avoir toujours un coup d'avance, se retrouve comme un con à regarder son plan s'effondrer.
Mais ce n'est pas tout, car après avoir intimidé Screech, Slater a pu également récupérer le casier à côté de celui de Kelly. Notre pauvre Blondin se retrouve avec tous ses plans qui tombent à l'eau. Il peut se la remettre derrière l'oreille pour le moment car Kelly s'éloigne de lui tel un train quittant le quai de la gare. Dommage, car pour une fois, il n'y avait même pas de grève.
La cafétéria, royaume des hormones
Dans la scène suivante, nous retrouvons nos amis dans un lieu qui va rapidement devenir l'un des endroits emblématiques de la série : la cafétéria de Bayside.
Entouré de Jessie et Lisa, Zack fantasme sur sa vie avec Kelly. Avec l'aide de Max, le serveur de la cafétéria, il parvient à se retrouver à la table de sa dulcinée. Celle-ci lui raconte ses vacances d'été durant lesquelles elle a joué au volley-ball. Elle lui décrit ses journées, la chaleur, l'humidité et son tee-shirt tellement trempé qu'il lui collait à la peau. Euh... attends... quoi ?
Alors soit Kelly ne voit absolument pas ce qui se passe dans la tête du garçon assis en face d'elle, soit elle vient de décider de tester la résistance de Zack à la tentation. Parce que si elle sait exactement ce qu'elle fait, franchement... Go girl, fais-le mariner un peu l'amoureux transi. Bon, soyons honnêtes. Il est plus probable que Kelly soit simplement en train de raconter ses vacances et que Zack transforme mentalement chaque phrase en déclaration érotique.
Mais notre Blondin semble finalement décidé à passer à l'étape supérieure. Il s'apprête à inviter Kelly à sortir avec lui. Et là, Slater débarque. Décidément, cette rentrée scolaire commence à ressembler à une succession de rendez-vous ratés pour notre pauvre Zack.
Quand Zack est prêt à tout pour l'amour
Nouvelle scène, nouveau plan de Blondin.
Et cette fois, il va pouvoir compter sur son fidèle Screech pour mettre en place une combine particulièrement foireuse. L'idée est simple : faire croire à Kelly que Screech est en train de s'étouffer avec un os de poulet. Oui, tu as bien lu, un os de poulet comme dans un épisode des Looney Tunes.
Bon je t'épargne le détail de la scène qui est assez ridicule et aussi peu crédible qu'un épisode de "La Philo selon Philippe" dans lequel quelqu'un aurait une révélation philosophique. Oui on va se la faire cette série, promis !
Screech se met donc à jouer les agonisants, Kelly est assez cruche pour tomber dans le panneau et se précipite à son secours. Putain, ça fonctionne, c'est dingue ! Enfin… ça fonctionne parce que Kelly semble ne pas se demander une seule seconde pourquoi Screech est en train de s'étouffer comme s'il venait d'avaler la carcasse entière du poulet.

Résultat : Kelly perd suffisamment de temps pour arriver en retard en cours. Elle obtient donc une retenue en fin de journée. Mission accomplie... enfin presque. Parce que notre Blondin ne veut pas simplement que Kelly soit collée, il veut être collé avec elle. Bien entendu !
À présent, Blondin va devoir déployer une nouvelle stratégie pour obtenir, lui aussi, son heure de retenue. Et c'est là que nous avons droit à une scène extrêmement longue et surtout pas drôle, construite autour d'un interminable quiproquo entre Zack, la classe et une professeur de littérature complètement sourde. Le problème, c'est qu'on comprend immédiatement où la scène veut nous emmener. On attend donc la chute. Puis on attend encore. Et encore. Bref, c'est poussif, prévisible et surtout beaucoup trop long pour un gag qui aurait mérité d'être expédié en trente secondes.
Zack obtient finalement ce qu'il veut et file directement dans le bureau du proviseur.
À ce stade, Zack n'est plus seulement un adolescent amoureux : c'est un petit manipulateur qui transforme littéralement le règlement scolaire en outil de séduction.
Le bureau du proviseur
Direction le bureau du proviseur. Blondin nous explique que Belding est un véritable maniaque. Il se fait donc un malin plaisir de déplacer un objet placé sur son bureau. Petit con !
Il nous explique ensuite qu'il connaît parfaitement les lieux. Et surtout, il semble presque heureux de retrouver son vieux partenaire de jeu : Monsieur Belding. Une nouvelle année commence et, manifestement, notre héros se réjouit déjà de relancer son petit jeu du chat et de la souris avec le proviseur. À ce stade, j'ai quand même une question : est-ce que les parents de Zack savent que leur fils passe autant de temps dans le bureau du principal ?
Parce qu'apparemment, personne ne lui a expliqué qu'une école était un endroit où l'on va pour apprendre des choses et non un endroit où l'on prend un abonnement annuel au bureau du principal.

Belding débarque et remarque du premier coup d'œil l'objet déplacé. Il avertit de suite Zack de se tenir à carreau et il le met en garde concernant ses "impulsions". Alors là, on va faire un arrêt sur image car ces propos m'interrogent.
Nous avons donc un proviseur qui connaît parfaitement les agissements de cet élève. Il sait qu'il multiplie les conneries. Il sait qu'il recommence chaque année. Et surtout, il parle lui-même d'"impulsions" que Zack aurait du mal à contrôler. Mais malgré ça, il ne semble pas plus inquiet que ça.
Attends mec, tu es le proviseur !
AGIS !
Endosse ton putain de rôle de proviseur. Je ne sais pas moi, mais fais quelque chose : vire-le, convoque le conseil de discipline, appelle les forces de l'ordre, fais-le interner ou appelle tout simplement ses parents. Dans tous les cas, tu ne peux pas rester sans rien faire à partir du moment où tu as identifié que cet individu a des penchants qu'il risque de ne pas pouvoir contrôler. Donc fais quelque chose avant qu'il passe son permis de conduire (qu'il a peut-être déjà d'ailleurs), qu'il achète un Peugeot J9 et enlève Kelly pour la séquestrer avec toute sa famille de consanguins.
Oui bon ce n'est pas trop la vibe de "Sauvés par le gong", mais avoue que ça ferait un excellent revirement de situation. Imagine la série qui, après quinze minutes de sitcom adolescente, bascule brutalement dans un thriller psychologique à la limite du gore. Allez Netflix, achète-moi ce projet toi qui aime faire des revival de séries cultes. Au moins ça prendrait tout le monde à contre-pied et ça aurait de la gueule. Bien plus qu'une nouvelle version de "La petite maison dans la prairie".
Bon malheureusement pour notre Blondin, Monsieur Belding n'a absolument pas l'intention de lui coller une retenue. Cette année, notre cher proviseur veut aborder les choses d'une manière différente avec Zack, disons une manière plus constructive. En gros, il a suivi un séminaire sur les enfants difficiles durant l'été et à présent il veut se la jouer fin psychologue. C'est bien, il est consciencieux. Il se forme, il apprend tous les jours pour exceller dans son métier, mais c'est sans compter sur la perfidie de notre petit Blondin qui le pousse à bout en touchant à toutes ses affaires.
C'est marrant, mais Zack est simultanément extrêmement agaçant et étonnamment attachant. On a comme envie de devenir son pote et cinq secondes plus tard, on a envie de lui mettre une petite tape derrière la tête pour qu'il arrête de faire chier le monde.
C'est probablement là que la série commence à trouver son véritable moteur comique. Elle nous demande de soutenir un personnage dont nous savons pertinemment qu'il est insupportable. Et le quatrième mur joue encore une fois un rôle essentiel. Zack ne nous demande pas simplement de regarder ses conneries. Il nous invite à en rire avec lui.
Dans la scène qui suit, Blondin se retrouve devant la salle de colle. Il a réussi son coup, le gredin. Dans un nouveau moment de complicité avec la caméra, il nous explique ce qu'il aimerait trouver en ouvrant la porte. Son rêve, ou plutôt son fantasme, est le suivant : il s'imagine rentrer dans la salle où Kelly, seule, l'attend. Vêtue d'une très belle robe blanche, elle l'attire vers elle, l'appelle "maître" et s'apprête à lui offrir un baiser romantique. Bref, pour Zack, l'heure de colle vient de se transformer en rendez-vous galant.
Certainement poussé par ses pulsions et la forte envie de découvrir si une telle scène va se produire, il met fin à son rêve. Il ouvre la porte et là... c'est la débandade. Le choix du mot "débandade" a bien sûr ici toute son importance.
Kelly n'est pas là, mais à la place se tient face à lui son ennemi juré de la journée, le bien nommé Slater. Après avoir passé l'épisode à se piquer leurs places, leurs casiers et surtout l'attention de Kelly, les deux garçons se retrouvent enfin face à face. Et évidemment, ça ne pouvait pas se terminer autour d'une poignée de main et d'un sympathique "bienvenue à Bayside".
L'épisode se clôture sur des explications au sommet entre ces deux coqs qui se la jouent à celui qui aura la plus grosse. Inutile, car on sait tous que de ce point de vue-là, Screech est le véritable boss final. Oui, c'est lui l'acteur porno, ou la poutre de Bayside comme on l'appelle dans le milieu. Les deux autres zigotos ne font pas le poids.

Une fin d'épisode plutôt classique mais qui a le don d'ouvrir de nombreuses portes pour la suite de la série. Elle nous laisse donc avec de nombreuses questions :
- Zack et Slater ne s'aiment pas beaucoup. Mais cette rivalité pourrait-elle finalement déboucher sur une amitié ?
- Zack réussira-t-il à séquestrer la belle Kelly ?
- Kelly sera-t-elle assez lucide sur le fait que Zack est un petit pervers manipulateur ?
- Belding survivra-t-il à une année supplémentaire avec Zack Morris ?
- Slater quittera-t-il le lycée avant ses 35 ans ?
- Combien mesure le chibre de Screech ?
Autant de questions qui pourraient donner envie de poursuivre les aventures de cette joyeuse bande de lycéens. Quant à moi, il est maintenant temps de te dire ce que j'ai réellement pensé de ce premier épisode.
Alors, ça valait le coup de revoir le premier épisode de "Sauvés par le gong" ?
Comme je l'ai expliqué en préambule, j'ai un rapport assez particulier avec "Sauvés par le gong". La série m'a accompagné durant une partie de mon adolescence et j'ai passé de très bons moments devant mon téléviseur en compagnie de Zack et sa bande.
Par conséquent, lancer ce premier épisode plus de 30 ans après n'a pas été insupportable. Bien entendu, j'avais l'appréhension de reproduire ce que m'avait fait le revisionnage du premier épisode de "Manimal". Ainsi, salir cette nostalgie juste pour te faire revivre en ma compagnie le début de cette série. Heureusement, "Sauvés par le gong" n'a pas été une épreuve comme a pu l'être "Manimal".
Évidemment, la série a vieilli. Évidemment, je ne la regarde plus avec mes yeux d'adolescents. Et évidemment j'ai développé mon sens critique durant ces trois décennies. Il n'en reste pas moins que cette série d'ados des années 90 reste un bon étalon de ce qu'on peut voir encore de nos jours. Car aujourd'hui, on retrouve encore et toujours le même type de personnages dans les fictions. Des personnages clichés comme le branleur au bon fond, la fille intello, le nerd, le beau gosse sympa, etc. Ces archétypes pullulent encore sur nos écrans. Ils sont simplement traités différemment en fonction du genre de la série, mais en y regardant de plus près, on les croise depuis bien longtemps.
Et dans tout ça, on s'identifie un peu à chacun d'eux et chacune d'elles. On y retrouve une part de nous et c'est ce qui fait que ces fictions fonctionnent. Alors ici, elle est marquée par son époque rétro, mais si on fait abstraction de notre âge et du temps dans lequel on vit, la série reste encore étonnamment d'actualité sur les problématiques des jeunes : l'amitié, l'amour, la popularité, la rivalité ou encore cette envie complètement irrationnelle de paraître cool devant les autres.
Donc, à la question "est-ce que je vais poursuivre la série ?", la réponse est... NON !
Comme je l'ai dit, je n'ai pas passé un mauvais moment devant cet épisode. Bien au contraire. J'ai pris plaisir à retrouver cette bande de personnages qui ont accompagné une partie de mon adolescence. Mais maintenant l'intrigue me semble tout de même un peu trop convenue, avec une histoire cousue de fil blanc et des personnages dont on comprend immédiatement les ressorts. J'ai besoin de voir des fictions qui me surprennent, qui me font passer par différentes émotions. Et ici, je sais pertinemment que je risque assez rapidement de m'ennuyer.
Cela ne m'empêche pas de reconnaître les qualités de ce premier épisode. Il possède ce petit charme rétro qui fonctionne encore, Zack est un personnage suffisamment malin pour être intéressant et le choix de le faire s'adresser directement à la caméra apporte une vraie personnalité à la série. Mais cela ne suffit pas à me donner envie de retourner à Bayside pour les 85 épisodes suivants.
Les aspects positifs de cet épisode
Plusieurs points positifs :
- Un générique qui nous replonge direct dans les années 80-90.
- Des personnages que l'on est ravis de retrouver, comme des potes qu'on n'aurait pas vus depuis des années. Et heureusement, rien n'a changé.
- Le côté rétro, qui, quand tu as grandi dans les années 90 comme moi, te parle forcément.
- Le quatrième mur, avec Zack qui s'adresse directement à la caméra et nous transforme en complices de ses combines.
Les aspects négatifs de cet épisode
C'était certain, "Sauvés par le gong" avaient quelques casseroles :
- Des personnages très caricaturaux, dont les traits de caractère sont parfois tellement appuyés qu'on a l'impression qu'ils sont livrés avec leur propre mode d'emploi.
- Une intrigue très prévisible, qui laisse finalement assez peu de place à la surprise.
- Quelques scènes poussives, notamment lorsque la série étire un ressort comique jusqu'à ce que même le spectateur commence à regarder sa montre.
- Des comportements parfois difficiles à prendre au sérieux aujourd'hui, notamment lorsqu'on voit Zack multiplier les manipulations tout en étant présenté comme le sympathique petit malin de service.
Pour conclure, "Sauvés par le gong" a donc réussi son examen de passage. Elle a pris quelques rides, certaines de ses ficelles sont désormais grosses comme des câbles électriques et Zack aurait probablement besoin d'une petite discussion avec un psychologue.
Mais malgré tout, la série conserve suffisamment de charme pour que je sois heureux d'avoir retrouvé cette bande de lycéens qui a accompagné mon adolescence. Je ne poursuivrai pas l'aventure, mais au moins, cette fois, la nostalgie est sortie indemne du visionnage. Et franchement, après toutes les bouses que je me suis tapées, c'est déjà une sacrée victoire.
Je te donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel article. D'ici-là, profite de la vie, méfie-toi des petits blonds manipulateurs et... bisous.