Bon, on ne va pas se mentir, attaquer un morceau comme "Supercopter", ça me file une légère angoisse ! Il faut dire qu'après le calvaire qu'a été de revoir le premier épisode de "Manimal", j'avoue avancer à reculons, les mains tremblantes et le regard vide.
Mais voilà, j'aime le challenge et j'aime me faire du mal. Surtout quand je sais qu'au fond de toi, lecteur pervers, tu prends un malin plaisir à me voir souffrir pour ton divertissement. Alors ne perdons pas plus de temps à se renifler le derrière. Oui, c'est une expression... euh... canine... et lubrique aussi... tout ce qu'on aime : des chiens et du cul ! Non pas le cul des chiens...
Bref, partons à la découverte de cette série où un hélicoptère est manifestement plus charismatique que la moitié du casting.
Mais avant toute chose, remettons "Supercopter" dans son contexte.
Supercopter, série phare des années 80
"Supercopter"est une série créée par Donald P. Bellisario. Le nom ne te dit peut-être rien et pourtant, Il est le producteur de tout un tas de séries cultes comme "Code Quantum", "NCIS", "JAG", "Magnum", "Battlestar Galactica", etc. Pas mal comme CV tout de même ! Autant dire que le type a plus façonné la télévision américaine que la moitié des producteurs Netflix réunis autour d'un paperboard.
C'est donc ce même Bellisario qui pilote le projet "Supercopter", série d'action militaro-techno-fantastique typiquement eighties. Le pitch ? Accroche-toi bien à ton manche ou cyclique (oui, on apprend du vocabulaire en lien avec le sujet ici !) :
"Springfellow Hawke, ancien pilote de l'US Air Force et vétéran de la guerre du Vietnam, rejoint une agence gouvernementale secrète qui détient un hélicoptère de combat unique en son genre. Aidé par son ami Santini, il mène pour son nouvel employeur des missions secrètes et périlleuses tout en espérant pouvoir retrouver son frère disparu."
Un homme taciturne, mais espiègle on le verra plus tard, un traumatisme de guerre, une machine surarmée, un Gouvernement pas très net... tous les ingrédients sont là. Il ne manque plus qu'un synthétiseur, et spoiler alert : il est bien présent.
Diffusée entre 1984 et 1987 sur CBS, puis brièvement sur USA Network pour sa dernière saison, "Supercopter" débarque en France en 1986 sur La Cinq.
Tu ne t'en souviens peut-être pas, mais la série a été diffusée au sein de l'émission "À fond la Caisse" aux côtés de séries comme "Tonnerre Mécanique", "k2000" ou encore "CHiPs".
Personnellement, je me souviens avoir vu "Supercopter", mais pas dans le cadre de cette émission car j'étais bien trop petit. Quoiqu'il en soit, avec un nom pareil, l'émission était prédestinée pour la série. Et au vu de son titre, on sent déjà tout un projet éditorial derrière. Ici, on ne vise pas la subtilité, ni l'ouverture d’esprit. On vise le moteur qui vrombit, la baston virile, les poursuites inutiles et la sueur de mâle alpha.
Clairement, on est face à un formatage assumé. De la télévision pensée pour forger une génération de "vrais mecs", ceux qui sentent le cambouis, qui parlent peu mais tapent fort, et qui considèrent qu'un bon générique doit contenir au minimum une explosion toutes les trois secondes.
Et pourtant, gamin, c'était le rêve absolu. Le programme parfait pour un après-midi ou un début de soirée.
Jean-Clément : "Carrément ma gueule ! Il en faudrait plus des programmes comme ça aujourd'hui avec de la baston, des bagnoles et des p'tites meufs bien bonnasses partout. Y en a plus des séries comme ça, ou alors ils nous collent toujours des histoires de tarlou..."
Hop hop hop ! On se détend sac à merde lepéniste. Entre nous Jean-Clément, je préfère quand tu me parles de tes histoires de cul avec ta cousine ou du parechoc (pas de ta cousine !) de ta voiture tunée. Je te laisse vaquer à tes occupations de décérébré consanguin et je reprends...
Si tu as grandi dans les années 80, tu dois te rappeler de ces débuts de soirée en compagnie de tes héros préférés : Michael Knight, Jesse Mach, Jon et Ponch, les frères Duke, Springfellow Hawke et encore bien d'autres. Tu devais attendre avec impaticience la fin de la journée, de rentrer de l'école, prendre ton gouter, bâcler tes devoirs pour ainsi avoir droit de regarder à 19h30 ta série badass du soir. Le tout sous la menace constante que tes parents coupent l'épisode pour regarder le journal de 20h. Une époque cruelle !
Je vais sortir la carte nostalgie, tant pis. Ce rapport à la série télé, on ne le vit plus vraiment aujourd'hui. Désormais, on consomme les séries à la pelletée, comme des chips industrielles, épisodes après épisodes, saisons après saisons jusqu'à l'indigestion. Attention, je binge-watch aussi, mais ce temps où on attendait impatiemment le lendemain ou la semaine suivante pour voir un nouvel épisode, ce rendez-vous imposé, me manque parfois.
Bon soyons honnêtes, les chaînes nous prenaient souvent pour des cons à nous diffuser inlassablement les mêmes épisodes. Oui, je fais partie de ceux qui ont cru que "Manimal" se composait de plusieurs saisons. Eh bien non petit chenapan ! Ils nous ont bien fourvoyé car la série se compose uniquement de 8 épisodes. Et sans se mentir, 8 épisodes de merde. Tu ne me crois pas, je t'invite à revivre avec moi le pilote de la série.
Tout ça pour dire, qu'entre les rediffusions à la pelle, les épisodes diffusés dans le désordre et les épisodes jamais diffusés, il y avait aussi du moins bon à l'époque. Donc ne me fais pas passer pour le sinistre petit bonhomme qui dit "C'était mieux avant !". Il y a du bon dans chaque époque, mais c'était quand même pas mal avant...
Eh bien justement, allons voir si c'était vraiment mieux avant. Arrêtons les tergiversations, et découvrons ensemble si le premier épisode de "Supercopter", série culte pour toute une génération, vaut le coup.
Est-ce que la série a bien vieilli ? Est-ce que le pilote tient encore la route ? Ou est-ce que la nostalgie fait encore une fois office de filtre bienveillant ?
Pour le savoir, monte à bord du Supercopter, attache ta ceinture, remonte bien ton slip car ça va aller vite... très vite !
À la découverte du premier épisode de Supercopter
L'épisode s'ouvre dans le désert californien.
La caméra enchaîne les plans entre un iguane qui se balade tranquillou, des types casqués qui s'agitent, et ce qui ressemble vaguement à un hélicoptère militaire. Pour l'instant, rien n'est clairement expliqué. On est dans le flou artistique, mais t'inquiètes paupiette (quelle expression de merde !), on va tout comprendre j'en suis certain !
Il faudra attendre 1 minute et 45 secondes pour que retentisse enfin le générique culte de "Supercopter". Et là, on ne va pas se mentir, ça fait quelque chose. La musique démarre, les nappes de synthé montent, et sans prévenir, tu es de retour en enfance. Qu'on le veuille ou non, l'effet nostalgie fonctionne immédiatement et ce, même si tu essaies de résister. Bordel, ça fout les poils.
Pendant que la musique monte, la caméra dévoile enfin la star du show : Airwolf, alias Supercopter. Et il faut le reconnaître, il a de la gueule avec son profil agressif, sa peinture sombre et son allure de prédateur. Encore aujourd'hui, l'hélicoptère impose un certain respect. La preuve en image :

Direction ensuite la base secrète d'où proviennent les ordres.
On y fait la connaissance de Michael, plus connu sous le nom d'Archangel, le grand manitou de l'opération Airwolf. Accompagné de son assistante, il s'apprête à présenter Airwolf à un Sénateur venu admirer les derniers joujoux de l'armée américaine. On apprend qu'Airwolf peut dépasser la vitesse du son, qu'il est bardé d'armes, et qu'il peut raser des postes avancés soviétiques sans sourciller. Guerre froide oblige, on ne tourne pas autour du pot. L'ennemi est clairement désigné, et il a un accent russe.
Pas le temps de discuter, ils sont là pour tester l'appareil. Les synthés eighties accompagnent la démonstration, et malgré des effets spéciaux un peu cheap, l'ensemble tient la route. Ça vole, ça tire, ça impressionne le Sénateur... bref, mission accomplie. Enfin, presque.
Car retournement de situation avec l'un des pilotes qui semble avoir une dent contre le Sénateur. Et plutôt que de se contenter d'un regard noir ou d'un courrier recommandé, il décide de régler ça à l'ancienne. Il ouvre donc le feu sur tout le monde, la base explose dans un joyeux chaos pyrotechnique, et Airwolf se fait la malle en laissant derrière lui un champ de ruines.
Le résultat est sans appel : fin de la démonstration, fin de la base, tout est détruit !
Tout... peut-être pas ! Car au milieu de ce carnage, l'iguane du début, témoin muet du massacre, est là, choqué devant l'ampleur de la destruction. Enfin... autant choqué qu'un iguane peut l'être.
Ellipse temporelle.
Trois mois ont passé depuis que la base militaire s'est fait raser, et nous changeons complètement d'ambiance.
Nous voilà au bord d'un lac, quelque part dans un coin paumé américain, mais visiblement très photogénique. Sur une jetée, un homme joue tranquillement du violoncelle, les cheveux au vent, pendant qu'un aigle royal plane majestueusement au-dessus de lui. Non, je te rassure, ce n'est pas une pub pour du parfum hors de prix, c’est bien "Supercopter".
Springfellow Hawke, mannequin Decathlon Solognac
Cet homme, c'est Springfellow Hawke, notre héros. Et la série nous le présente sans aucune ambiguïté sur ses facultés de héros. Hawke n'est pas un simple pilote, c'est un artiste, un poète, un type torturé qui vit en harmonie avec la nature, la musique classique et les animaux sauvages. Il joue du violoncelle comme d'autres astiquent leur flingue (oui, on est aux States mec, NRA power).
C'est alors qu'avant nous, il entend un hélicoptère débarquer, comme si la série voulait nous montrer que ce gars n'est pas un rigolo. Il connaît son affaire en hélico et comme si ses oreilles étaient directement connectées au rotor, il entend l'engin bien avant n'importe qui.
L'hélicoptère se pose, et qui en descend ? Archangel, tout de blanc vêtu, accompagné d'une jeune femme prénommée Gabrielle, elle aussi engoncée dans une combinaison blanche immaculée. Alors je ne suis pas styliste, mais débarquer en blanc depuis un hélicoptère qui soulève poussière, sable et gravillons, ça me paraît être un choix assez discutable. Mais bon, chacun ses combats. C’est certainement mon côté Monica qui ressort...
Archangel est là pour recruter Hawke afin que celui-ci l'aide à retrouver Airwolf, disparu depuis l'attaque de la base. Sauf que Hawke, lui, n'en a visiblement rien à carrer. Le type est en mode ermite contemplatif, et préfère clairement aller pêcher plutôt que replonger dans les magouilles gouvernementales.
Mais entre deux échanges, quelque chose d'autre se joue à l'écran : une tension sexuelle. Car entre Hawke et Gabrielle, l'ambiance est comment dire... chargée... ouais chaude même. Les regards durent un peu trop longtemps, les silences sont un peu trop appuyés, et la caméra insiste exactement là où il faut. J'ouvre les paris : il l'emballe avant la fin de l'épisode !
Changement brutal de décor.
La série nous téléporte dans un palais à Kafir, en Libye. Oui, tout à fait, la Libye. Parce que dans les années 80, dès qu'il fallait désigner un coin du monde vaguement hostile, on pointait le Moyen-Orient sans trop se poser de questions. C'est d'ailleurs toujours un peu le cas cela dit ! Donc, ici, pas de nuance géopolitique, on est chez les méchants, un point c'est tout.
On y retrouve le Dr Moffett, le pilote traître aperçu au début de l'épisode, et désormais grand antagoniste officiel. Et la série ne perd pas une seconde pour nous faire comprendre que le type est un sacré salopard. En effet, le mec se fait tellement chier qu'il passe son temps à maltraiter ses acolytes. Son arrogance est telle qu'elle ferait passer Jordan Belfort ("Le Loup de Wall Street") pour un gentil toutou.
Narrativement, le message est limpide, subtil nullement, mais limpide :
- Cet homme est dangereux.
- Cet homme est instable.
- Cet homme doit être stoppé.
Retour au chalet montagnard de Springfellow Hawke, où nos deux personnages tout de blanc vêtus, Archangel et Gabrielle, se sont littéralement tapé l'incruste.
Ils tentent de convaincre Hawke de reprendre du service et de les aider à récupérer Airwolf, mais en vain. Hawke campe sur ses positions, enfin... Il a une seule condition : retrouver son frère disparu. Face à ce refus, Gabrielle lâche une phrase d'une délicatesse rare :
"Il n'a pas assez de couilles pour cette mission."
Ah elle n'aime pas les fragiles la bougresse. Elle veut du mâle et du vrai !
Archangel s'empresse de contredire cette affirmation, ce qui a le don de faire briller les yeux de la belle.
Et la coquine ne perd pas de temps. Une fois Archangel endormi, elle décide de monter dans la chambre de Hawke. Sauf que Hawke veille. Il a parfaitement compris le manège de la miss. Et ce qui suit n'est pas une romance, mais le début d'une relation profondément malsaine, faite de tensions sexuelles, de manipulation, d'insultes et de rapports de force. Le summum est atteint lorque Hawke traite Gabrielle de "pute". Oui, dès le premier soir, bravo mec ! Quel prince !
Bon certes on ne lui fait pas à l'envers, mais un peu de tenue mec, sois un gentleman, on dirait l'autre empaffé de Jonathan Chase dans "Manimal", ce qui dans ma bouche n'est clairement pas un compliment.
Le lendemain, Archangel dévoile à Gabrielle le passé tragique de Hawke. Et là, on déroule la checklist du héros maudit :
- Parents morts dans un accident de barque alors qu'il avait deux ans.
- Fiancée décédée dans un accident de voiture.
- Frère porté disparu au Vietnam.
En résumé, Hawke, c'est Joe la Poisse.
Archangel explique donc à Gabrielle que si Hawke est aussi froid, agressif et socialement dysfonctionnel, ce n'est pas de sa faute. C'est la guerre, la faute à pas de chance, le destin, bref c'est la vie.
Nouvelle scène, nouveau décor : un plateau de tournage.
On y retrouve Hawke, et surtout on fait la connaissance d'un personnage clé de la série : Dominic Santini, vieil ami et futur copilote de notre héros.
Dominic Santini, incarné par Ernest Borgnine
Petit aparté mérité : Dom est incarné par Ernest Borgnine, monument du cinéma américain, actif des années 50 aux années 2000. Un de ces acteurs à la tronche immédiatement reconnaissable, capable d'imposer une présence rien qu'en levant un sourcil.
Nous, français, avons notamment été marqués par son doubleur, aka Henry Djanik, et sa voix rocailleuse si reconnaissable. Il était les voix de Freddy Krueger, Bourriquet, Kojak, Barracuda ou encore de nombreuses voix dans "Les Chevaliers du Zodiaque". Bref, une voix qui sent bon les soirées télé et la nostalgie.
Pour le reste, la scène n'est pas d'un intérêt fou. Elle sert essentiellement à nous rappeler une chose : Hawke est un putain de bon pilote. Il maîtrise l'hélicoptère comme d'autres jonglent avec des bolas. Saleté de hippies !
Sur le chemin du retour vers le chalet, Hawke parvient à convaincre Dom de l’accompagner pour la mission en Libye. Enfin, "convaincre" est un bien grand mot. Disons que Dom accepte parce que c'est son pote et qu'il fallait un personnage secondaire dans la série.
Une fois rentré chez lui, Hawke découvre que sa collection d'œuvres d'art a disparu. On comprend vite que la CIA lui fait du chantage et par conséquent use de tous les moyens pour l'enrôler.
Retour en Libye. Et histoire d'être bien sûr que tu aies compris que le Dr Moffett est un méchant, la série en rajoute une couche.
Ici, on apprend que notre antagoniste est prêt à tuer pour obtenir les faveurs d'une femme, une danseuse, plus précisément. Et une danseuse qui a manifestement le don de le rendre tout dur de partout. Il décide donc de la négocier autour d'une table avec les libyens. Eh oui, les femmes se monnayent contre quelques vils méfaits de guerre. Ah les années 80 !
Changement d'ambiance.
On retrouve Hawke et Gabrielle sur une barque, en pleine session pêche. Gabrielle lui apprend que la fameuse danseuse se nomme Angela et qu'elle est en réalité une agent de la CIA infiltrée.
S'ensuit un repas en tête-à-tête d'un malaise absolu. Une scène gênante, longue, pénible, où Hawke se comporte comme un connard de première avec son invitée. La palme du mec le plus désagréable lui revient sans problème. À ce stade, on se demande sérieusement s'il n'existe pas un club fermé des héros misogynes de séries des années 80, avec l'autre truffe de Jonathan Chase de "Manimal" comme trésorier.
Les scénaristes, visiblement très inspirés, se font plaisir avec des dialogues d'une vacuité intersidérale sur les goûts alimentaires de la miss. Bref, on s'en fout, mais alors d'une force.
La scène se conclut de la plus élégante des manières avec le chien de Hawke qui renifle sous la jupe de Gabrielle. Et Hawke trouve ça très drôle. Il a 13 ans d'âge mental le mec.
La scène suivante nous gratifie d'une belle explosion. Soit il y avait du budget, soit la production a joyeusement recyclé des images issues d'un autre projet. Quoi qu'il en soit, le rendu est plutôt convaincant pour une série qui a désormais plus de 40 ans. Et derrière ce joyeux chaos pyrotechnique se cache évidemment ce bon vieux Dr Moffett.
Le lendemain, retour au chalet de Hawke.
Ambiance radicalement opposée avec notre héros qui s'adonne de nouveau à son activité favorite à savoir jouer du violoncelle en plein air, comme si de rien n'était. Mais il n'est pas seul, Gabrielle est là, il lui joue la sérénade et elle applaudit de tout son être. La meuf ne lui tient absolument pas rigueur de son comportement exécrable de la veille. Ah je te dis qu'à sa place, je l'aurais démembré, puis j'aurais joué du violoncelle avec son torse façon "Une nuit en enfer".
Mais bon, chacun sa gestion des relations toxiques.
Et au lieu de ça, la nana se jette dans ses bras et lui roule une énorme galoche. Et on comprend dans la scène suivante, au moment où Dom débarque, qu'ils ont couché ensemble.
Sérieux ? J'ai bien compris qu'ils jouaient à "je t'aime moi non plus" depuis le début, mais Hawke a atteint un tel niveau de sacré connard qu'il ne méritait aucunement de voir ne serait-ce qu'un bout d'épaule de la belle. Elle est conne ou quoi ?
Marie-Kimberley : Moi je la comprends totalement. Hawke, il sent le mâle, le vrai. Le mec qui en a vu et qui peut te protéger. Il vit dans les bois, il a peur de rien. Tu te sens rassurée dans ses bras musclés. Go girl, vas-y lâche-toi avec le beau ténébreux !"
Ok Marie-Kimberley, on n'est pas dans "Vikings" là. Le type il vit dans un chalet de 200m² , il joue du violoncelle, il collectionne les œuvres d'art et il va à la pêche. Ce n'est pas Ragnar Lothbrok, mais Gérard en week-end pêche à la truite.
En tout cas, Gérard, pardon, Hawke reste un bon gros macho et quand il décide d'aller à la chasse avec son copain Santini, il intime à la femme de rester au chalet pour préparer à manger. Logique ancestrale : homme chasser, femme cuisiner !
À son retour, petite désillusion pour Hawke qui s'attendait certainement à se taper un bout de lard en rentrant... euh le repas préparé par Gabrielle, pas Gabrielle... enfin il peut aussi se taper Gabrielle... euh... bon tu m'as compris !
Donc désillusion car Archangel est là. Il a envoyé Gabrielle en mission et, cerise sur le gâteau, il se tape son steak. De quoi rendre Hawke passablement nerveux et le pousser à lui foutre son poing dans la gueule. Ouais, Hawke il est comme ça. On ne lui fait pas à l'envers à envoyer son plan cul en mission à l'autre bout de la planète, à voler ses œuvres d'art et surtout on ne touche pas à son steak. Hawke c'est un bonhomme, un vrai !
Mais Hawke reste avant tout un militaire qui aime l'action. Il décide donc de partir en mission pour chiper Airwolf et, qui sait, peut-être retrouver l'élue de son cœur. Avoue, il est presque mignon.
C'est parti pour la Libye.
En route, on prend enfin le temps d'expliquer à Hawke les contours de sa mission, histoire de faire semblant d'avoir un scénario autre que celui de "chasse, pêche et tradition". Il apprend également qu'Angela, l'agent infiltrée, est morte. La taupe n'est plus, mais rassure-toi, elle a été remplacée. Par qui te demandes-tu ? Eh bien par notre chère Gabrielle bien entendu.
Cette facilité scénaristique me plaît beaucoup. C'est subtil, un véritable délice cette écriture fine et audacieuse. On est sur du cousu main. La nana quitte le chalet la veille, la voilà le lendemain agent infiltrée en Libye, prête à risquer sa vie, et déjà en place devant les méchants. Pas de transition, c'est brutal, un véritable délice ce scénario.
Cette mission est aussi l'occasion parfaite de nous révéler les talents de danse de Gabrielle. Et surtout, soyons honnêtes, de la dénuder un chouilla. Parce que oui, dans l'univers de "Supercopter", tous les agents infiltrés ont exactement la même spécialité et couverture : danser sur de la musique américaine des années 80 dans ce qui ressemble à un salon de thé libyen réservé aux hommes. Logique !
Ne me demande pas pourquoi. Je transmets l'information telle qu'elle m’apparaît à l'écran. À ce stade, on approche allègrement des 50 minutes d'épisode, et j'avoue avoir abandonné toute tentative de compréhension. Mon cerveau est posé sur mes genoux et j'essaie tant bien que mal de compter les trous laissés par les multiples trépanations infligées par toutes ces séries de merde que je regarde pour toi. Oui, POUR TOI.
Et parce qu'ils avaient clairement du temps à meubler, on se tape une scène de danse beaucoup trop longue. Un montage alterné entre Gabrielle, qui se donne corps et âme sur la piste, et le Dr Moffett, qui la dévore des yeux en mode :
"Bonjour, je suis le désanusseur de Tripoli."
Dr Moffet, le méchant vraiment très méchant
Dans la scène suivante, comme par magie, Hawke débarque dans les loges de ce haut lieu de la danse folklorique libyenne.
S'ensuit un baiser très (trop) mouillé entre Hawke et Gabrielle. Sérieusement, les bruits de bouche étaient de trop. On n'est pas à la radio, les gars, inutile de nous faire vivre l'expérience en Dolby Surround, c'est dégueulasse !
Et là, sans crier gare, Gabrielle lâche une info bien sale : Angela a été retrouvée violée et découpée comme bien d'autres femmes avant elle. Pardon ? Attends... On regardait pas une série d'action avec des hélicos cools, là, il y a 30 secondes ?
Parce que d'un coup, "Supercopter" décide de se transformer en thriller ultra glauque avec serial killer, en mode ambiance cave humide et pulsions sexuelles malsaines. Les scénaristes vous vous emballez un peu trop, non ?
On avait déjà compris que le Dr Moffet était un sale type, pas besoin d'en rajouter. En gros le mec :
- Il a volé un hélicoptère, enfin une arme de guerre ultra puissante.
- Il a traversé la planète juste pour venir en plein milieu de l'Afrique du Nord et faire affaire avec des terroristes.
- Tout ça, pour s'adonner tranquillement à ses exactions d'abjecte petite merde sans couilles.
Un peu tarabiscoté comme plan ou alors grandement machiavélique. En tout cas, pour une fois, je suis entièrement d'accord avec Gabrielle qui résume parfaitement la situation avec une proposition simple, efficace, presque humaniste :
"Coupons lui les couilles !"
Voilà, c'est clair, net et précis !
Une fois Hawke sorti du club, il retrouve Santini. Et là, nouvelle rupture de ton, parce qu'apparemment les scénaristes ont décidé de tester jusqu'où le spectateur peut encaisser sans éteindre sa télé.
On se retrouve dans une scène où nos deux compères se planquent de la police locale. Jusque-là, tout va bien. Sauf que la mise en scène décide soudainement d'alterner les plans entre Hawke et Dom en pleine discussion et deux dromadaires en train de bouffer.
Alors, si le but était de faire croire que la conversation est tenue par les dromadaires, eh bien c'est raté. C'est complètement nul et surtout : pourquoi ? Quel est le message ? Quelle est l'intention artistique derrière ce montage ? Qu'est-ce que vous essayez de nous dire, sérieusement ? Et là, impossible de ne pas imaginer ce moment lors des réunions d'écriture du scénario :
John-Michael : "Bon, t'es bien mignon John-Roger avec tes histoires de violeur dans le désert, mais là tu nous fous le moral dans les chaussettes !"
John-Roger : "Mais John-Michael, c'est toi qui voulais rendre le méchant encore plus méchant et surtout tu voulais voir Gabrielle danser à moitié dénudée. C'était bien comme idée, non ?"
John-Michael : "Oui c’était cool, j'aime quand ça sent le sexe et la tourmente. Mais là, il faut que le spectateur en ait pour son argent : de l'action, de l'érotisme, du macabre et maintenant... de la comédie loufoque."
John-Roger : "Quoi ? Mais tu ne crois pas qu'on va perdre le spectateur à varier autant les genres ?"
John-Michael : "Mais non crétin ! Il faut casser les codes. Il faut plaire à tout le monde. Je ne sais pas... tiens si, mets des animaux... des dromadaires... oui voilà des dromadaires. Et on fait comme si Hawke et Dom discutaient, mais la caméra passe d'eux aux dromadaires. Comme ça on a l'impression que ce sont les dromadaires qui parlent. C'est fun ça !"
John-Roger : "Quoi ? Mais c'est n'importe quoi ! T'es sûr de ton idée ?"
John-Michael : "Mais oui c'est génial. Je suis génial. Allez écris-moi tout ça pendant que je réfléchis à la prochaine scène. Tiens j'ai une piste : on pourrait avoir un sosie lybien du président français François Mitterrand, Hawke irait pêcher avec lui et là ils tomberaient sur une pute borgne nazie qui pratique le vaudou... ah ouais c'est bon ça !"
Bon tu l'auras compris, les scénaristes enfilent les scènes comme un gamin enfile les nouilles pour un collier pour la fête des mères : c'est moche, ça vieillit mal, mais bizarrement il y a comme une satisfaction du devoir fait car on aime sa maman.
Retour à la réalité brutale avec une Gabrielle aux prises avec le Dr Moffett, paumés en plein désert. Finie la danse suave exotique sur fond musical dopé aux années 80 et terminée la tension sexuelle à 2 balles avec Hawke. Place à la dure réalité avec un méchant bien dégueulasse et une victime qui a clairement tiré la mauvaise carte au jeu de la vie.
Pendant ce temps, Santini et Hawke s'infiltrent tranquillou dans le repaire de Moffett et de sa clique de vilains. Il aura donc fallu attendre les dix dernières minutes pour avoir enfin ce pour quoi on est venu : de l'action.
Nos deux compères déglinguent les bad guys, récupèrent sans trop transpirer le fameux Airwolf, et là, enfin, les nappes de synthés s'emballent. On découvre alors tout le potentiel létal de l'engin :
- il tue des hommes ;
- il pulvérise des véhicules blindés ;
- il encaisse absolument tout.
On y est, Supercopter est là.
L'hélicoptère s'envole tel un magnifique oiseau blindé, déchirant le ciel à coups de missiles et de patriotisme, direction Gabrielle. Vas-y Hawke, t'es un champion, sauve ta belle !
Eh bien non ! Malheureusement Gabrielle meurt. Elle ne connaîtra donc jamais le bonheur de vivre dans un chalet, de préparer des petits plats pour son gentil mari pendant qu'il joue du violoncelle aux truites de son lac. Non ! Gabrielle nous a quitté. Putain John-Michael t'es impitoyable !
L'épisode se conclut sur une course-poursuite finale entre le Dr Moffett et Airwolf, toujours piloté par Hawke et Santini. Sur cette musique culte de notre enfance, Supercopter dévoile l'intégralité de ses capacités destructrices. Il dézingue toute l'armée libyenne, c'est le festival ! Bref, ça pète de partout, et franchement, ça fait plaisir.
Malheureusement pour le Dr Moffett, l'issue est fatale. Hawke n'a aucune pitié. Et c'est sur cette vengeance assouvie, entre patriotisme, synthés et missiles, que s'achève l’épisode.
Supercopter a gagné.
Alors, ça valait le coup de revoir le pilot de "Supercopter" ?
On ne va tourner autour du pot, revoir ce premier épisode de "Supercopter" s'est avéré être une véritable corvée. Je n'y ai pris aucun plaisir !
J'en veux pour preuve que, pour préparer certains de ces articles, je regarde l'épisode concerné au moins deux fois. Et quand c'est vraiment mauvais, je me contente de revoir quelques scènes spécifiques qui méritent malgré tout un minimum d'attention.
Eh bien ici, soyons clairs, j'ai regardé l'épisode une seule fois et il n'y avait pas moyen que je revienne sur certaines scènes. De toute façon, il n'y en avait pas besoin tant la série est creuse et n'a strictement rien à dire.
Donc à l'inévitable question : "est-ce que je vais poursuivre mon visionnage de la série ?", la réponse est non. Je préfère m'introduire des grains de café dans le rectum plutôt que de revoir ce gros con de Hawke.
Les aspects positifs de cet épisode
Autant pour "Gilmore Girls" les points positifs étaient légion, autant là je peine à t'en trouver ne serait-ce qu'un seul. Allez si, en voici deux :
- Pour une production du début des années 80, je trouve que les scènes d'action ne sont pas trop cheap. On sent qu'il devait y avoir un petit budget explosion.
- La musique. Oui, le thème de "Supercopter" est culte. Si tu aimes les années 80, le synthé omniprésent et les nappes sonores qui te massent le cerveau, la série coche effectivement toutes les cases.
Les aspects négatifs de cet épisode
Là, en revanche, il y a du monde. Je ne vais pas tous les lister, puisqu'ils ont été évoqués tout au long de ce visionnage douloureux que tu viens de subir avec moi. Mais s'il fallait n'en retenir que trois : le scénario, le méchant et le héros.
Tout d'abord, le scénario. Franchement, ce premier épisode est pénible à suivre. C'est long et mal rythmé. Je pense qu'en format 20 minutes, c'était largement faisable. Là, on tire sur la corde jusqu'à l'ennui.
En ce qui concerne le méchant de l’épisode : le Dr Moffett est sans doute le plus vil des personnages de fiction créés jusqu'à ce jour. Ses motivations sont plus ou moins claires, mais ce qui est certain c'est qu'il a une dent contre le gouvernement américain, les femmes, les libyens, bref contre tout. Finalement c'est plus simple à écrire. Donc, un méchant écrit à la truelle, sans aucune finesse.
Pour terminer, notre héros.
Regarde-moi cette beau gosse attitude
Hawke est du même acabit que Chase dans "Manimal". Le mâle alpha caricatural, qui se regarde le nombril, joue au beau gosse torturé et traite les femmes un peu comme des jouets. Certes, c'était une autre époque, les années 80, mais un peu de tenue gros beauf.
Et puis Hawke, c'est aussi le bingo du héros parfait. À l'instar du bad guy de l'épisode qui cumulait les clichés du méchant, notre héros ne démérite pas côté traits du héros parfait : beau gosse, intelligent, sportif, cultivé, musicien de talent, séducteur... bref le type il sait tout faire ! Mais j'en suis certain, il a une faille outre son côté misogyne, évidemment. C'est certain qu'il a un défaut... oui c'est ça, j'en suis sûr : il a un souci d'hygiène. Le mec pue. C'est évident, il pue de la bite que veux-tu !
Pour conclure, voir cet épisode pilote de "Supercopter" a été une plaie. C'est mauvais, je me suis fait chier, bien que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire sur celui-ci. Bizarre... est-ce que mon côté sado-maso ressort à travers ce genre d'analyses ? Probablement !
Je te donne rendez prochainement pour un nouvel article, d'ici là : profite de la vie, méfie-toi des pêcheurs-violoncellistes, et bisous.