Les années se suivent et se ressemblent. Guerres, famines, tensions géopolitiques, crise économique, haine décomplexée sur les réseaux sociaux... bref, tout ce que l'Homme avec un grand H sait produire de mieux depuis quelques millénaires. Un savoir-faire ancestral, transmis de génération en génération, comme une mauvaise série qui refuserait obstinément d'être annulée.
Face à ce joyeux panorama, difficile de garder la tête froide et surtout de rester positif plus de cinq minutes. La déprime n'est jamais bien loin, tapie dans l'ombre, prête à surgir à la moindre notification anxiogène. Pourtant, et aussi surprenant que cela puisse paraître, le monde tel qu'on le connaît aujourd'hui est encore capable d'offrir de belles choses. Oui, oui, des petites pépites même. Certes, discrètes, mais on peut les trouver parfois planquées derrière un arbre ou un sourire.
Bon, clairement, ce n'est pas en me lisant ou en regardant des séries affalé sur ton canapé toute la journée, espèce de grosse loque, que tu vas forcément les trouver. Enfin... attends, ne t'en vas pas. Tu n'es plus à dix minutes près. Autant qu'on passe un peu de temps ensemble. Qui sait, je peux peut-être faire partie des "belles choses" que la vie a à t'offrir ?
Car la vie est pleine de surprises. Pas toujours bonnes, mais quand même. Avec moi, je te promets que tu vivras des moments inoubliables...
Après ça, promis, tu pourras vaquer à tes occupations. Enfin, mon conseil sera bien de lever ton cul de ton fauteuil, de sortir de chez toi et d'aller te promener dans la nature. C'est bien elle qui peut t'offrir les choses les plus remarquables de la vie. Ensuite, recentre-toi sur ta famille et tes amis. Sans oublier tes collègues ou même des inconnus.
Je t'assure le monde n'est pas aussi vil que ce que les réseaux sociaux s'acharnent à te montrer chaque jour. Ah des connards et des connasses, il y en a partout, on est bien d'accord, mais dans l'ensemble les gens ont souvent un bon fond. Certes les réseaux nous démontrent le contraire chaque jour. Derrière un écran, les langues se délient ou tout simplement certains et certaines ont un excès de confiance qui atteint des sommets inégalés. Bande de grosses merdes !
Mais dans l'ensemble il y a encore du bon dans ce monde, et heureusement !
Par conséquent, balayons le pire d'un revers de la main et conservons uniquement ce que la vie a de plus beau à nous offrir au quotidien.
Jean-Gaspard : "Mais c'est quoi le lien avec les séries télévisées ? Je croyais être sur un site dédié à cet art noble, animé par un spécialiste, et je me retrouve avec un philosophe de comptoir qui a suivi un stage de "positive attitude" avec Lorie. C'est pitoyable, j'me casse !"
Eh bien, tu as raison mon cher Jean-Gaspard. Il n'y a "aucun lien, fils unique !"
Enfin... si. Parce que si on extrapole cette comparaison un peu foireuse, on peut tout à fait l'appliquer aux séries télévisées. Alors oui, on y va aux forceps, mais regarde comme je vais te créer une connexion bancale mais assumée.
Devant nos écrans respectifs, 2025 a su nous offrir de très bons moments. Elle a aussi réussi l'exploit de nous ennuyer profondément avec des fictions aussi fades qu'un plat de pâtes sans beurre salé (le meilleur des beurres, et non je ne suis pas breton). Elle a déclenché des guerres de tranchées numériques où chacun a défendu ou démoli sa série préférée avec une mauvaise foi sans faille. À travers une multitude de genres, elle a suscité de la joie, de la haine, de la peur, de l'amour, de l'ennui profond et parfois même quelques larmes.
2025 a aussi été une année à la fois différente et terriblement similaire aux autres. On a tous vécu des moments forts devant nos écrans. Alors oui, on ne parle ici "que" de séries télévisées. On est bien loin des drames qui se jouent à l'échelle mondiale. Mais ces instants de répit, ces bulles de fiction qui nous permettent de débrancher le cerveau, sont essentiels. Je dirais même nécessaires. Au même titre que d'autres occupations plus saines, ils nous évitent parfois de sombrer dans une morosité ambiante bien trop présente.
Alors réjouissons-nous parce que 2025 a été une bonne année en matière de productions télévisuelles. Et pour s'en rendre compte, je te propose de m'accompagner dans le bilan que je tire de cette année. Entre séries marquantes, fins annoncées et annulations largement méritées, bienvenue dans la rétrospective des séries de l'année 2025.
Les fins de séries marquantes
Bon tu connais la musique, ici on parle des séries qui nous ont accompagné durant plusieurs années de nos vies. Celles qui se sont incrustées dans notre quotidien, parfois même dans nos discussions de repas de famille, et dont la disparition laisse un petit vide.
Pour certaines, dire adieu pour toujours est donc compliqué... enfin, "pour toujours", c'est vite dit. On sait très bien que dans vingt ou trente ans, une chaîne ou une plateforme quelconque aura l'idée saugrenue, et surtout lucrative, de proposer un revival, un reboot ou un remake d'une série qu'on pensait enterrée six pieds sous terre.
Prépare-toi donc psychologiquement à voir débarquer en 2050 un revival de "Squid Game" avec Seong Gi-Hun inscrit à sa 35e participation pour sauver tous les pauvres d'esprits qui auront signé pour se faire éliminer lors de jeux pour gamins.
Ou encore un reboot de "Ted Lasso", mettant en scène un entraîneur espagnol de water-polo débarquant en Australie pour coacher une équipe professionnelle de course en sac connecté. Oui, dans trente ans, la course en sac sera LE sport mondial. Attention toutefois : le sac sera connecté, piloté par une IA, et nécessitera un abonnement mensuel.
Mais, revenons à 2025 qui laisse derrière elle un paquet de séries, bonnes ou moins bonnes, ayant malgré tout marqué l'univers des fictions télévisuelles. En vrac, et sans ordre particulier, on peut citer :
- "Resident Alien" : 4 saisons.
- "Cobra Kai" : 6 saisons.
- "Mythic Quest" : 4 saisons.
- "The Conners" : 7 saisons.
- "FBI: International" : 4 saisons.
- "S.W.A.T." : 8 saisons.
- "You" : 5 saisons.
- "Vera" : 14 saisons.
Et il y en a encore beaucoup d'autres. Mais pour ma part, j'ai décidé de m'arrêter sur deux séries que j'ai réellement suivies, ce qui m'évitera de faire semblant d'avoir un avis éclairé. Il s'agit de "Squid Game" et de "The Handmaid's Tale".
Jean-Gaspard : "Attends mec, tu ne vas même pas parler de Stranger Things ? Tu ne te foutrais pas un peu de nous ? C'est la base ! Après La Casa de Papel, c'est la série phare du catalogue Netflix"
Alors non, je ne parlerai pas de "Stranger Things". Non pas que la série ne mérite pas sa place ici-même ou que je n'ai rien à dire sur celle-ci. Mais, le dernier épisode étant diffusé en France le 1er janvier 2026, je pars donc du principe que la série s'achève en 2026. On aura l'occasion de revenir sur son cas lors du prochain bilan, patience ! Respire et maintenant arrête de me couper la parole sale gueux !
Squid Game

"Squid Game" est une série qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. Et ce n'est pas près de s'arrêter.
Elle compte autant d'adorateurs que de détracteurs, et dès que tu abordes son cas, tu sais pertinemment que tu te feras soit des copains, soit des ennemis. Bref, "Squid Game" divise, et quelque part, c'est déjà une victoire pour elle.
Son concept choc, appuyé par des campagnes marketing aussi massives qu'outrancières, l'a propulsée sur le devant de la scène mondiale. Les masques, le thème musical entêtant, les jeux pour enfants détournés, la violence... Impossible de passer à côté de ce phénomène. Et justement, parlons-en de ce "phénomène", car il ne s'agit ni plus ni moins que de ça.
À ses débuts, la série avait peut-être quelque chose à raconter. Une sorte de critique sociale assez frontale d'un monde consumériste régi par l'argent et le pouvoir. L'idée que l'argent peut tout acheter, y compris la dignité humaine et les vices les plus glauques. Rien de fondamentalement nouveau sous le soleil.
Des films comme "Hostel" avaient déjà exploré ce terrain bien avant. Mais au moins, avec un film, c'est plié en deux heures maximum. On ne tourne pas autour du pot, on évite les redites. Bon, sauf si on est maso et qu'on se tape toutes les suites de "Hostel". Ce qui fut mon cas. Oui, j'aime regarder ce genre de film une boule dans la bouche, le cul nu et ma maîtresse un fouet à la main, ça te pose un problème ?
Le problème avec "Squid Game", c'est qu'au bout d'une saison, tout était dit. Nul besoin de prolonger l'expérience. Alors, on peut lui reconnaître une certaine audace dans son approche torture ludique sur la base de jeux enfantins, mais comme beaucoup de séries démarrant avec une idée percutante dès le pilote (coucou l'abécédaire des séries qui ont duré trop longtemps) "Squid Game" aurait dû s'arrêter là. Ainsi, éviter de tomber dans l'écueil de ne pas savoir s'arrêter à temps.
Parce que franchement, faire revenir notre héros dans le jeu, puis le transformer en début de saison 3 en bad ass hors de l'arène et en type chétif dès qu'il y remet les pieds, relevait plus de la boucle scénaristique que de l'évolution de personnage. Oui, le traumatisme est toujours là, on a compris ! Mais ce réveil interminable de notre héros, cette errance narrative, c'était pénible !
Cet article n'ayant pas vocation à être une critique exhaustive de "Squid Game", je vais m'arrêter là. Une chose est sûre toutefois : qu'on ait adoré ou détesté la série, elle a marqué son époque. Et dans un paysage télévisuel saturé de contenus aussitôt consommés qu'oubliés, c'est déjà beaucoup.
The Handmaid's Tale : brillante, éprouvante... et finalement épuisante

N'ayant pas lu les romans dont la série est tirée, je vais être clair dès le départ : mon retour se cantonnera uniquement à l'adaptation télévisée. Pas de débat littéraire ici, juste un ressenti de spectateur qui s'est impliqué au début... puis, un peu moins.
On ne va pas se mentir, "The Handmaid's Tale" est une série de très bonne facture. Dès ses débuts, elle m'a accroché pour deux raisons très simples :
D'abord son casting, avec notamment Elizabeth Moss, que j'avais appréciée dans l'excellente "À la Maison-Blanche" d'Aaron Sorkin ("The West Wing", pour les puristes) et Yvonne Strahovski dans "Chuck".
Ensuite, son histoire, qui a immédiatement su éveiller ma curiosité et m'entraîner dans cette dystopie froide, lugubre et profondément anxiogène.
Et ce premier attrait ne m'a pas déçu, bien au contraire !
La première saison a été un véritable uppercut. "The Handmaid's Tale" frappe fort, très fort même, avec une écriture chirurgicale, une interprétation remarquable, une réalisation millimétrée et un univers visuel d'une richesse impressionnante. Le décor, les costumes, la mise en scène : tout respire la série prestige, celle qui ferait rougir n'importe quel film à gros budget. Bref, rien à redire.
La suite m'a également plu... mais, car il y a évidemment un "mais", la série a fini par me lasser. Non pas par manque de qualité, mais plutôt à force de répéter inlassablement le même schéma narratif. Cette impression constante que la conclusion est à portée de main, juste là, et que les scénaristes prennent un malin plaisir à reculer l'échéance, saison après saison, pour étirer encore un peu plus la souffrance. Celle des personnages, certes, mais aussi celle du spectateur.
Résultat ? Je ne vais pas te mentir : je n'ai pas vu la fin de la série. "The Handmaid’s Tale" a rejoint ce club pas si fermé que ça des séries que j’ai abandonnées en cours de route aux côtés de "The Walking Dead", "Being Human", "X-files", "The Good Wife", "Misfits", "Modern Family", "House of Cards", etc. Autant de fictions que j'ai aimées, parfois passionnément, mais dont je n'ai jamais eu le courage, la patience ou l'envie d'aller jusqu'au bout.
Et quelque part, c'est peut-être là le plus grand paradoxe de "The Handmaid’s Tale" : une série puissante, marquante, lourde émotionnellement mais qui finit par devenir difficile à suivre sur la durée tant l'histoire peine à avancer. Ce qui n'enlève rien à son importance, mais explique que son départ, en 2025, est un peu un soulagement.
Quand les bonnes séries s'en vont trop tôt
Cette catégorie parle d'elle-même. Ici, j'ai envie de te parler de ces séries qui, à mon sens, auraient largement pu se poursuivre quelques saisons supplémentaires sans forcer. Celles qui n'avaient pas encore épuisé leur potentiel, ni leurs personnages, ni leurs idées, mais qui se sont tout de même vues couper l'herbe sous le pied.
Parfois, ce n'est pas une question de qualité, ni même d'audience catastrophique. Juste un mauvais timing, une décision de plateforme un peu trop brutale, ou une envie soudaine de "passer à autre chose". Ce qui donne des histoires inachevées, des personnages qu'on quitte trop vite, et une certaine frustration.
Dans cette partie, on va donc revenir sur deux séries qui ont tiré leur révérence en 2025 alors qu'elles avaient encore de belles choses à raconter.
Hysteria! : du métal, le Diable... et un potentiel un peu gâché

Sur le papier, "Hysteria!" avait tout pour me séduire.
Une série qui rend hommage au rock et au métal, avec une bande-son qui aligne Judas Priest, Queen, Alice Cooper, Iron Maiden ou encore Twin Temple, ça coche déjà beaucoup de cases. Ajoute à ça Bruce Campbell ("Evil Dead", "Ash vs Evil Dead"), toujours aussi charismatique et conscient de son aura culte, et un casting solide (Julie Bowen, Anna Camp, Garret Dillahunt), et tu obtiens une proposition immédiatement sympathique.
Rien que pour cet amour affiché de la musique amplifiée, "Hysteria!" mérite qu'on s'y attarde.
L'intrigue s'ancre dans l'Amérique des années 80 et la fameuse Satanic Panic, cette période où le métal, l'occulte et les jeux de rôle étaient accusés de pervertir la jeunesse. Sur le principe, la série exploite intelligemment cette hystérie collective et cette paranoïa absurde, en jonglant entre horreur et satire.
Mais très vite, la promesse initiale s'effrite : la musique et l'occulte passent au second plan au profit de dramas adolescents assez convenus. Dylan, notamment, devient l'archétype du héros agaçant qui enchaîne les mauvaises décisions sous couvert d'apprentissage de la vie. Dommage, car l'univers méritait mieux.
Le vrai problème de "Hysteria!", c'est qu’elle ne sait jamais vraiment ce qu'elle veut être : comédie mordante, série horrifique ou drame adolescent. À vouloir jouer sur tous les tableaux, elle finit par perdre son identité. L'humour s'efface, l'horreur manque de mordant, et la série reste coincée entre deux tons.
Pourtant, elle avait encore du potentiel et aurait clairement gagné à se poursuivre une saison ou deux de plus pour s'affirmer. Au lieu de ça, "Hysteria!" s'arrête trop tôt, laissant derrière elle une impression frustrante de rendez-vous manqué... et quelques bons riffs en mémoire.
The Righteous Gemstones : la foi, l'argent et le what the fuck

Avec "The Righteous Gemstones", Danny McBride fait ce qu'il sait faire de mieux : il ose tout. Après "Eastbound & Down" et "Vice Principals", il transforme la religion en sitcom trash, sale, débile et volontairement vulgaire.
La série s'attaque sans filtre aux télévangélistes de pacotille, à la bigoterie spectacle et aux faux prophètes à Rolex, le tout avec un sens de la caricature poussé à l'extrême. C'est excessif, parfois jusqu'à l'overdose, mais ça tape souvent juste. Et surtout, c'est très drôle.
Il faut dire que le casting est totalement fou : Danny McBride en héritier aussi con qu'arrogant, Walton Goggins ("The Shield", "Sons of Anarchy", "The unicorn", "Justified", "Fallout") en pasteur lubrique toujours à la limite du malaise, Edi Patterson ("Resident Alien") en sœur mégalo incontrôlable, Adam Devine ("Workaholics") en cadet bodybuildé complètement paumé, sans oublier John Goodman en patriarche désabusé... Tous semblent s'éclater et repousser leurs personnages dans leurs derniers retranchements. L'énergie est communicative, le rythme souvent infernal, et on se laisse embarquer sans trop se poser de questions.
Mais à force d'en rajouter, "The Righteous Gemstones" flirte parfois dangereusement avec l'indigestion. Les blagues pipi-caca, les crises d'ego interminables et les gags qui s'étirent un peu trop finissent par lasser. Oui, c'est le principe de la caricature, et oui, c'est assumé, mais à plusieurs reprises, on aimerait simplement que certains personnages ferment leur grande bouche deux minutes. Malgré ça, la série avait encore de la marge et de belles choses à dire.
Son arrêt en 2025 laisse donc un goût frustrant : celui d'une comédie irrévérencieuse et jouissive, peut-être imparfaite, mais clairement partie trop tôt.
Les séries qui méritaient leur annulation
On ne va pas se mentir, certaines séries méritent un arrêt soudain. Quand, au bout de seulement quelques épisodes, tu sens que le scénario n'a strictement rien à te raconter, autant éteindre la télévision et passer à autre chose. La vie est trop courte pour ça et ton temps aussi.
C'est un peu comme la bouffe. Quand, dès les premières bouchées, tu comprends que le plat ne va pas te plaire, tu es normalement assez malin pour poser ta fourchette et pousser ton assiette, histoire d'éviter l'indigestion, ou pire, la chiasse de l'année. C'est ce qu'on appelle du bon sens. Eh bien pour les séries, c'est exactement la même chose. S'acharner n'a jamais transformé une mauvaise recette en plat gastronomique.
Et figure-toi que cette année, j'ai eu ce ressenti pour plusieurs fictions. Des séries qui auraient dû s'arrêter très tôt, voire ne jamais exister, mais qui ont malgré tout persisté, comme si quelqu'un, quelque part, avait cru dur comme fer à leur potentiel. Spoiler : il avait tort.
Rescue: HI-Surf, naufrage dès la première vague

"Rescue: Hi-surf" je t'en ai déjà parlé. Mais si, souviens-toi dans mon pronostic de la rentrée des séries de 2024.
D'ordinaire, je me contente de flairer les catastrophes à distance, sans forcément aller jusqu'au bout de l'expérience. Mais parfois, j'aime me faire mal. J'aime cette douce souffrance cérébrale que peut infliger un scénario creux, histoire de vérifier si mon instinct ne m'a pas menti.
Eh bien ici, pas besoin d'attendre d'être au creux de la vague. Dès le sommet, autrement dit dès le premier épisode, tu sais exactement dans quoi tu mets les pieds. Tu te demandais dans quoi ? Oh et bien dans la merde, tout simplement.
La série n'a rien à raconter et, quand elle tente vaguement quelque chose, elle le fait mal. Les personnages sont des clichés ambulants, sans la moindre profondeur, et les intrigues sont aussi palpitantes que le cœur d'un papi de 103 ans sous bêtabloquants.
On est face à la série network américaine typique, aussi paresseuse que les autres : mêmes archétypes, mêmes situations, mêmes ficelles usées jusqu'à la corde. Rien ne dépasse, rien ne surprend, rien ne donne envie de s'accrocher. Une annulation rapide bienvenue qui ressemble presque à un acte de compassion.
En résumé, nul. Un point, c'est tout.
Dexter: Original Sin, l'univers de trop

Je sais qu'en parlant de cette série, je ne vais pas me faire que des amis. Et pour être totalement honnête, je n'ai même pas osé la regarder. Il faut dire que j'en ai tout simplement ras-le-bol de "Dexter".
Autant la série originale m'avait clairement plu à ses débuts, au point même de surpasser les livres dont elle était tirée, autant sa fin et sa suite improbable (oui, "Dexter à la neige") ne m'ont jamais convaincu. Alors quand j'ai entendu parler à la fois de préquel et de sequel, j'ai préféré botter en touche sans hésiter.
Pourtant, si l'on en croit de nombreuses critiques croisées ici et là, "Dexter: Original Sin" serait une bonne série, qui a su reprendre ce qui a fait le succès de sa grande sœur. Peut-être. Mais à un moment donné, il faut savoir faire des choix. Le flux de nouvelles séries est devenu tellement massif que tout regarder est impossible sans y laisser sa vie sociale ou un début de santé mentale.
J'ai donc tiré un trait sur l'univers de Dexter, au moins pour le moment. Non pas par haine, mais par fatigue. Cela dit, si ton amour pour la série est tel que tu as envie de me le défendre bec et ongles, je suis tout ouïe. Qui sait ? Tu réussiras peut-être à me donner envie d'y replonger... mais il faudra faire preuve d'une grande persuasion jeune Padawan.
Yellowjackets, du teen cannibalisme

Pour tout te dire, "Yellowjackets" a été l'un de mes coups de cœur de 2021.
Dès le premier épisode, entre la chanson des The Smashing Pumpkins, cette aura très années 90, décennie bénie de mon adolescence, et un casting cinq étoiles (Juliette Lewis, Ella Purnell, Christina Ricci, Melanie Lynskey, Lauren Ambrose, puis Elijah Wood plus tard), la série a su de suite me séduire. La première saison est franchement prometteuse : ça bouge, les rebondissements s'enchaînent, parfois même un peu trop, mais au moins on ne s'ennuie pas.
En revanche, quand je vois passer des titres putaclics du genre "Entre Lost et Cannibal Holocaust, Yellowjackets est la pépite cachée de 2021" (coucou Konbini), je ne peux m'empêcher de glousser.
Non, la série n'a absolument pas révolutionné le paysage télévisuel comme "Lost" a pu le faire à son époque, et on est à des années-lumière d'un "Cannibal Holocaust". Ce n'est pas parce qu'il y a UNE scène de cannibalisme, en plus suggérée, qu'il faut sortir les comparaisons cinéma les plus pétées possibles. Sinon, on peut s'amuser longtemps à pondre des titres bien pourris du même acabit :
- Entre "Seinfeld" et "Un homme d'exception", "The Big Bang Theory" est la pépite cachée de 2007.
- Entre "Twin Peaks" et "Seven", "Big Sky" est la pépite de 2020.
- Entre "Code Quantum" et "12 monkeys", "Bodies" est la pépite de 2023.
Bon on pourrait continuer comme ça longtemps, mais ça n'aurait strictement aucun intérêt !
Et malheureusement, "Yellowjackets" fait partie de ces séries au concept de départ très fort, mais incapables de proposer une intrigue réellement synthétique, ou plutôt, qui ne veulent pas le faire, tant que le succès est là. C'est ainsi, que l'histoire s'étire, les mystères stagnent et, sans surprise, je me suis lassé au fil des épisodes.
Une série qui avait tout pour marquer, mais qui a préféré tirer sur l'élastique jusqu'à ce qu'il claque. Et quand ça claque, ça m'éclate !
Les séries coup de cœur : les trésors de 2025
Heureusement, 2025 n'a pas été qu'une succession de fins de séries, d'annulations frustrantes et de plantages plus ou moins douloureux. Il y a eu aussi quelques belles pépites.
Avant d'entrer dans le dur avec mes trois véritables coups de cœur, j'ai envie de te parler rapidement de quelques séries qui m'ont particulièrement marqué :
- "Pluribus" : la nouvelle série de Vince Gilligan, le papa de "Breaking Bad" et "Better Call Saul". Une idée vraiment originale, une interprétation de Rhea Seehorn au poil et une réalisation toujours aussi maîtrisée de la part de Monsieur Gilligan. La série envoie un joli pied de nez à notre société ultra connectée et consumériste. Certains lui reprochent son rythme lent, quand d'autres parlent plutôt de série contemplative. Bon, rassure-toi, on n'est pas non plus dans un film de Terrence Malick ou dans "A Ghost Story". Donc oui, on est devant une excellente série, de là à l'encenser à ce point, on va se détendre !
- "IT welcome to Derry" : je n'attendais absolument rien de ce nouveau portage de l'univers du clown "Ça", et contre toute attente, je n'ai pas été déçu. Sans être exceptionnelle, la série se suit plutôt agréablement. Les apparitions du clown ne se font pas attendre, même si j'aurais clairement préféré davantage d'effets pratiques à certains CGI parfois un peu moches.
- "Mobland" : une bonne série de mafia portée par un casting solide. Tom Hardy est, comme toujours, impeccable. Pierce Brosnan s'offre un contre-emploi intéressant et Helen Mirren se montre assez bluffante... même si elle en fait parfois un peu trop.
À présent, place à mes trois coups de cœur de l'année 2025.
Empathie : quand une série te prend aux tripes

En seulement un épisode, j'ai compris qu'avec "Empathie", je n'étais pas face à une série comme les autres. Ici, pas de produit formaté ou de fiction insipide : je me retrouvais devant une série qui en a dans le ventre et qui ne plaisante pas avec ce qu'elle raconte.
Dès le premier épisode, le ton est donné. Tu sais que tu vas passer sans prévenir du rire aux larmes. "Empathie" réussit ce pari pourtant casse-gueule de jongler entre comédie et drame avec une facilité assez déconcertante. La série aborde des thématiques aussi universelles que la famille, la solitude, la mort, l'amour, l'amitié, le sexe ou encore le deuil, toujours avec une grande justesse. L'écriture est fine, jamais démonstrative, et cette précision se retrouve dans les interactions entre les personnages, qui sonnent toujours vrai.
Bien entendu, le duo Florence Longpré / Thomas Ngijol y est pour beaucoup. Les deux comédiens livrent une prestation impressionnante, sans fausse note, mais ils sont loin d'être seuls à tirer la série vers le haut. Les seconds rôles ont une vraie place dans le récit et participent pleinement à l'évolution des personnages principaux. Mention spéciale à Benoît Brière, bouleversant dans le rôle de Jacques Dallaire, un personnage profondément humain et impossible à oublier.
Tu l'auras compris, "Empathie" est une grande série. Rien n'est à jeter, et si la suite maintient ce niveau d'exigence, elle pourrait sans difficulté entrer dans mon panthéon personnel des séries cultes. Oui, aux côtés de "Six Feet Under". Et non, je ne balance pas ça à la légère.
Task : une série policière à l'écriture fine

"Task" est, à la base, une mini-série HBO. Enfin... était. Car face au succès de la première saison, une saison 2 serait désormais dans les tuyaux. Et là, je t'avoue que j'ai toujours une petite sueur froide. On connaît la chanson : une série pensée comme un tout, prolongée parce que ça a marché, et qui finit par s'auto-parodier. Ce n'est pas comme si les suites de séries, non prévues au départ, s'avéraient être de la merde par la suite, hein ? Ça n'arrive jamais !
Franchement, "Prison Break" et "13 reasons why", ça valait le coup de les poursuivre ? Réponse : bien sûr que non !
Mais bon, laissons à "Task" le bénéfice du doute...
Au-delà des qualités évidentes qu'on attend d'une production HBO : réalisation solide, casting impeccable, intrigue bien ficelée, etc. la véritable force de "Task" réside ailleurs. Là où la série frappe très fort, c'est dans l'écriture de ses personnages. En seulement deux épisodes, tu t'attaches à eux. Tu as l'impression de les connaître depuis des années, de comprendre leurs réactions, leurs failles, leurs contradictions. Et ça, franchement, ce n'est pas donné à toutes les séries.
Quand une fiction arrive à me faire aimer ses personnages aussi vite, sans forcer l'émotion ni les grands discours explicatifs, je ne peux que saluer le boulot. "Task" ne cherche pas à impressionner à coups de twists tape-à-l'œil, elle prend le temps de construire ses hommes et femmes à qui il est difficile de ne pas s'attacher. Et parfois, c'est largement suffisant pour faire toute la différence.
Je terminerai en saluant le travail des comédiens et comédiennes, et en particulier celui de Tom Pelphrey ("Ozark", "Outer range", "Banshee") qui nous offre une interprétation remarquable. Il est à la fois touchant, percutant et profondément humain. Un rôle tout en nuances, jamais dans la démonstration, qui donne encore plus de poids émotionnel à la série.
Clairement, "Task" ne fonctionnerait pas aussi bien sans cette justesse d'interprétation.
The Studio : Seth Rogen tire à balles réelles sur Hollywood

Pour terminer, direction la comédie avec la nouvelle série signée de l'infatigable Seth Rogen.
Ce mec est une anomalie statistique : il pond des projets comme d'autres sortent des commentaires de merde sur les réseaux. Et le pire dans tout ça ? C'est que ce n'est jamais à jeter.
"The Studio" n'est clairement pas un projet de plus à ranger au fond d'un tiroir, mais une vraie réussite. Rogen y incarne Matt Remick, nouveau directeur d'un studio de production, et nous plonge dans les coulisses aussi fascinantes qu'ahurissantes de l'industrie cinématographique américaine.
La série est drôle, souvent très juste, et surtout délicieusement cynique. Elle démonte sans détour ce petit monde où l'ego est roi, où les caprices de stars dictent les décisions artistiques, et où les strass et les paillettes régissent sans rougir les plateaux. L'écriture est fine, le rythme maîtrisé, et l'autodérision permanente fait mouche.
Et encore un hit pour la plateforme Apple TV+ qui décidément nous comble, nous sériephiles, de séries toutes plus qualitatives les unes que les autres.
Pour conclure, "The Studio" est une comédie intelligente, mordante et parfaitement consciente de ce qu'elle raconte.
Bref, un dernier coup de cœur pour achever une belle année 2025 côté séries.
Pour conclure ce bilan séries 2025
2025 nous aura fait passer par tout le spectre émotionnel possible : de belles claques télévisuelles, des adieux marquants, des annulations frustrantes et quelques séries qu'on aurait volontiers jetées à la mer sans bouée. Une année riche, imparfaite, parfois brillante, parfois désespérément paresseuse.
Car si les séries continuent de nous animer, elles restent le reflet d'une industrie en perpétuelle mutation. Une industrie capable du meilleur comme du pire, oscillant sans cesse entre prises de risques salutaires et recyclage d'idées jusqu’à l'écœurement. On sent parfois la peur d'innover, l'envie de capitaliser à tout prix sur des licences connues, quitte à oublier ce qui faisait leur force à l'origine.
Heureusement, 2025 a aussi su nous rappeler pourquoi on aime tant les séries : pour ces moments suspendus, ces personnages qui nous collent à la peau, ces histoires qui nous font rire, pleurer ou réfléchir un peu plus que prévu.
Alors en attendant de voir ce que 2026 nous réserve, n'oublions pas que les séries restent un refuge précieux, un échappatoire nécessaire. Mais n'oublions pas non plus de lever la tête, de regarder le monde autour de nous. Il peut être dur, parfois violent, mais il est aussi, très souvent, profondément beau.
Sur ce, profite de la vie, passe une excellente année 2026, méfie-toi des séries qui veulent trop en faire dès le début... et bisous !